France: 41e journée mondiale de prière pour les vocations le 2 mai

Les vocations font peur aux familles, selon «La Croix»

Paris, 30 avril 2004 (Apic) Dimanche 2 mai, l’Eglise catholique célèbre la 41e journée mondiale de prière pour les vocations, avec pour thème «Prier pour entendre l’appel de Dieu». En France, les responsables des séminaires regrettent certaines réticences de familles chrétiennes à accepter la vocation de leurs enfants, relate le quotidien catholique «La Croix» dans son édition du 30 avril.

Dans ce séminaire de province, deux garçons ont affronté cette année une forte opposition de leurs parents à leur entrée, racontent les journalistes Isabelle de Gaulmyn et Pierre Schmidt. «Dans les deux cas, ce sont pourtant des familles catholiques pratiquantes», s’étonne le responsable du séminaire. Pour l’un, le père tenait à ce que son fils poursuive ses études. Pour l’autre, il s’agit de résistances psychologiques plus profondes. «Le cas n’est pas rare, confirme, au séminaire interdiocésain de Lille, le Père Jacques Akonom au journal ’La Croix’. La vocation sacerdotale est peu souhaitée dans les familles».

Son homologue du séminaire de Fréjus-Toulon, le Père Arnaud Adrien, lie cela à la «déprime» dont souffre l’Eglise de France, «qui retentit sur l’image du prêtre». Mais pas seulement. «Les parents bloquent souvent sur la question du célibat, explique-t-il, ils ont eux-mêmes une expérience de bonheur familial, et il leur semble difficile de s’épanouir dans une vocation sacerdotale». Plus profondément, ajoute-t-il, «l’annonce d’une vocation est vécue comme une provocation: Dieu fait irruption de manière plus vigoureuse dans la vie chrétienne. Il est logique que cela déstabilise».

L’image d’un prêtre isolé et pas heureux freine les familles

Le quotidien français donne également la parole à un séminariste de 29 ans, qui explique que «l’image d’un prêtre isolé et pas heureux freine les familles». La vie monastique, selon «La Croix», souffre du même a priori négatif chez les parents. C’est avant tout de l’ignorance, sourit Sr Edith, de la Fraternité monastique de Jérusalem, qui accueille nombre de jeunes postulantes: «Pour beaucoup, la religieuse, c’est une femme enfermée derrière des barreaux!».

Peu de parents songent à une vocation consacrée pour leurs enfants, souligne encore «La Croix». Jean-Marie et Geneviève Thouvenot, dont le fils a été ordonné l’an dernier pour le diocèse de Lyon, n’y avaient pas pensé avant. «C’est comme les autoroutes, disent-ils: il en faut, mais pas dans notre jardin!». Pour autant, ces deux catholiques engagés, n’ont pas fait obstacle à la vocation de leur fils, au contraire. La première réaction de Jean-Marie fut de regretter les cinq années d’études faites dans une école d’ingénieur, «pour rien». «Il allait repartir pour sept années de théologie!». Mais malgré une «légère frustration», la vocation sacerdotale fut accueillie avec un grand bonheur par les parents, souligne la mère: «il est lui-même et tellement heureux!». (apic/lacroix/bb)

30 avril 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!