Rome: Le cardinal Renato Martino condamne les croisades pour la démocratie.
Vouloir se situer en «libérateur» de l’extérieur en voué à l’échec
Rome, 30 avril 2004 (Apic) Le cardinal Renato Martino condamne les croisades pour la démocratie. Toute tentative de vouloir exporter ou transplanter la démocratie est d’avance vouée à l’échec, a-t-il estimé le 30 avril au cours d’un colloque tenu à Rome.
Vouloir introduire de force la démocratie dans un pays sans qu’il soit invité à ce processus est une lourde erreur, a déclaré le cardinal Martino, président du Conseil pontifical Justice et Paix, dans son introduction à la séance «Gouvernance et sociétés» du colloque «l’Afrique subsaharienne entre mondialisation et diversité culturelle». Un colloque organisé par l’ambassade de France près le Saint-Siège et l’Université pontificale urbanienne, le 30 avril 2004.
«A ceux qui organisent des croisades de démocratie, je redis aujourd’hui que toute prétention à vouloir se situer en libérateurs, toute tentative de vouloir exporter ou transplanter la démocratie est d’avance vouée à l’échec», a déclaré le cardinal.
«Par contre, on peut et on doit appuyer un processus né de l’intérieur et voulu par un peuple, en vue de lui permettre d’être protagoniste et sujet de son propre devenir. D’où le rôle de plus en plus important reconnu au secteur privé et à la société civile comme acteurs incontournables de la vie socio-politique d’une nation», a conclu le cardinal italien.
Bien que prononcés dans un colloque consacré à l’Afrique, les propos du cardinal faisaient allusion à la situation irakienne. Le prélat avait déclaré au «Corriere della Sera», le 20 avril, que la solution à la crise irakienne devait être onusienne et qu’il était devenu évident que l’Irak risquait «d’être précipité dans une guerre de tous contre tous qui finirait probablement par un régime fondamentaliste». (apic/imedia/pr)




