Les prélats ne souhaitent pas un 3e mandat pour le président

Tchad: Les évêques du Tchad préoccupés par la situation et dénoncent la corruption

N’Djamena, 4 mai 2004 (Apic) Les évêques du Tchad se déclarent préoccupés par la dégradation de la situation sociopolitique du pays, dans une déclaration rendue publique lundi à N’Djamena. Les prélats, qui dénoncent la corruption, ne souhaitent pas le renouvellement du mandat du président actuel.

Les évêques s’interrogent en outre sur l’opportunité de réviser la Constitution qui devrait permettre au président Deby au pouvoir depuis 1990 de se présenter une troisième fois à la présidence en 2006. La Constitution actuelle limite le nombre de mandats à deux, mais aussi sur l’opportunité de supprimer le sénat pour que le parlement tchadien ne compte qu’une seule chambre, comme c’est la cas actuellement car le sénat prévu par la Constitution de 1993 n’a jamais été mis sur pied.

Les termes des évêques tchadiens sont certes mesurés, mais sur le fond, la condamnation n’est est pas moins ferme, tant pour dire non à un nouveau mandat du président actuel que pour s’opposer à la suppression du sénat.

Préoccupation pour les réfugiés

A propos des conditions de vie dans le pays, les évêques disent observer depuis un certain temps une dégradation croissante des conditions sociopolitiques au Tchad, «aggravée par les tensions dans les pays de la sous-région». Les évêques évoquent les «conflits successifs» en Centrafrique et les combats actuels au Darfour (ouest du Soudan).

Notant «l’arrivée massive de réfugiés soudanais sur notre sol», les évêques avertissent que «cet afflux dans le pays de populations déplacées risque d’engendrer l’insécurité (…), et l’instabilité que nous observons déjà aux frontières, pourrait embraser toute la région».

Les relations entre N’Djamena et Bangui ont été très tendues et leur frontière a été le théâtre de plusieurs incidents armés entre novembre 2001, date de la fuite au Tchad du général François Bozizé, et sa prise du pouvoir en Centrafrique le 15 mars 2003 lors d’un coup d’Etat renversant Ange-Félix Patassé.

Depuis février 2003, les combats au Darfour, de l’autre côté de la frontière orientale du Tchad, ont poussé plus de 100’000 Soudanais à se réfugier sur le territoire tchadien.

Les évêques pointent enfin le doigt sur le fléau de la corruption, qui gangrène toutes les institutions de l’Etat. «De graves carences affectent les services publics de base (…) Les salaires tardent à être versés et l’on assiste à une accumulation des arriérés. Des grèves sont annoncées dans différents secteurs». (apic/ag/com/pr)

4 mai 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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