Le temps nécessaire pour permettre une intervention de l’Onu
Rome: Le cardinal Martino demande aux troupes alliées de rester un moment en Irak
Rome, 7 mai 2004 (Apic) Le cardinal Renato Martino, président du Conseil pontifical Justice et Paix, estime que les troupes alliées doivent rester le temps nécessaire sur le territoire irakien, pour y rétablir le calme, et ce jusqu’à l’intervention de l’Onu. C’est ce qu’il a affirmé dans un entretien fleuve accordé le 7 mai au journal italien Il Tempo.
«Rester le temps nécessaire et pas un jour de plus», c’est ce que le prélat demande aux troupes de la coalition américaine stationnées en Irak. «Une résolution de l’Onu est en chantier, et je sais par mes 16 ans d’expérience à l’Organisation des Nations Unies, qu’une résolution importante ne se fait pas en un clin d’oeil. Elle a besoin de temps, de négociation et de patience», souligne le cardinal italien, en rappelant la nécessaire réforme de l’institution. Pour l’ancien observateur permanent du Saint-Siège à l’Onu, «abandonner le sol irakien maintenant signifierait laisser le pays dans le chaos, dans une situation pire qu’avant l’intervention militaire. La présence armée est nécessaire jusqu’à ce qu’un minimum d’ordre et de sécurité soit rétabli».
Ainsi, «L’Eglise et les chrétiens ne sont pas des pacifistes. Le message de l’Eglise sur la paix est un message spécifiquement religieux et pas idéologiquement pacifiste», a tenu à souligner le cardinal en réaffirmant fermement que le Saint-Siège «n’est pas anti-américain «, et qu’en matière de terrorisme, «le droit à l’autodéfense existe».
Etudier les causes profondes du terrorisme
Pour le cardinal, les relations actuelles avec l’administration américaine «sont empreintes d’un grand esprit de collaboration, tant au niveau bilatéral qu’au niveau multilatéral, sur les questions de la défense de la vie, de la famille, du clonage humain». Quant à menace terroriste, s’il faut la combattre, c’est au niveau global, selon lui. Plus que la répression, il faut en étudier les causes profondes, car «on peut éliminer ou neutraliser, un, deux, ou mille terroristes. Mais si on n’en comprend pas les causes, des milliers d’autres se lèveront», a estimé le cardinal.
Ces propos rejoignent ceux du cardinal Jean-Louis Tauran, bibliothécaire et archiviste du Vatican, ancien «ministre des Affaires étrangères» du Saint-Siège, qui estimait dans La Stampa du 6 mai, que «le terrorisme ne se combat pas par la violence mais en cherchant à comprendre pourquoi certaines personnes recourent à cette arme, indigne de l’homme». Et le cardinal français d’en donner certaines raisons, les «aspirations insatisfaites des peuples» et surtout «la non-résolution du conflit israélo- palestinien», «mère de toutes les crises».
Enfin, dans ce long entretien accordé au quotidien italien, le cardinal Martino est aussi revenu sur le rôle, parfois sous-estimé, de l’Eglise dans les conflits internationaux. Il a ainsi rappelé à ceux qui accusent l’Eglise «d’avoir manqué le train de l’histoire» qu’ils se trompent: «L’Eglise attend ce train à la prochaine station et son intervention est clairvoyante». (apic/imedia/bb)




