Au programme: pluralisme religieux et ministères féminins

Paris: Congrès national baptiste du 20 au 22 mai

Paris, 7 mai 2004 (Apic) La Fédération des Eglises évangéliques baptistes de France (FEBF) organise du 20 au 22 mai son congrès annuel. Les trois cents délégués des 112 Eglises se retrouveront à Seloncourt, dans le Doubs, pour débattre de l’annonce du Christ comme seul médiateur entre Dieu et les hommes dans un contexte de pluralisme religieux. Ils aborderont également la question des ministères féminins.

Comment vivre au quotidien le double mouvement d’annonce explicite du Christ – perçu comme l’unique médiateur du salut qu’il faut annoncer à toutes les Nations – et de respect des diverses croyances religieuses: c’est cette difficulté intrinsèque qui sera abordée lors du Congrès national de la FEBF. Quant aux ministères féminins, leur émergence en France dans l’univers baptiste est encore timide. La FEBF a envoyé aux Eglises membres un texte cadre qui n’a guère suscité de remontées. Ce texte sera discuté et amendé avant d’être adopté lors du congrès de 2005.

En 2000, on comptait en France près de 40’000 baptistes dont environ 12’000 membres qui ont explicitement demandé le baptême par immersion sur profession personnelle de foi, comme il se pratique dans beaucoup d’Eglises dites évangéliques. L’autonomie des Eglises locales et le principe de subsidiarité est pour les baptistes un point d’insistance particulier. Partant, les liens que les Eglises baptistes locales entretiennent entre elles sont de type fédératif. D’où la multiplication des Fédérations des Eglises baptistes.

En France, les principales sont la FEBF (20’000 fidèles dont 7’000 membres baptisés par immersion), la Communion évangélique de baptistes indépendants (CEBI, 12’000 fidèles dont 3’500 baptisés) et l’Association évangélique d’Eglises baptistes de langue française (4’500 fidèles dont 1’500 baptisés). Historiquement, la première est plus ouverte et libérale, les deux autres davantage travaillées par le courant fondamentaliste. Mais au fil du temps, ces différences sont gommées. De même que le clivage entre les baptistes charismatiques et les non-charismatiques s’est lui aussi estompé.

Net clivage entre progressistes et conservateurs aux Etats-Unis

Le clivage entre progressistes et conservateurs est plus net aux Etats-Unis, où les baptistes représentent la dénomination protestante la plus nombreuse. Le prix Nobel de la paix Martin-Luther King, l’évangéliste Billy Graham, les présidents Harry Truman, Jimmy Carter et Bill Clinton comptent parmi les baptistes les plus célèbres. Dans certains Etats du sud où elles sont franchement majoritaires, les Eglises baptistes développent depuis une décennie un discours ultra-réactionnaire.

Selon le pasteur Louis Schweitzer, ex-co-directeur de l’Institut d’études oecuméniques de l’Institut catholique de Paris, professeur de morale membre de la FEBF, la tension entre forces de la réaction et forces du progrès fait partie de l’ordinaire baptiste comme la tension entre une forte identité missionnaire, et la défense de la liberté de conscience. L’action missionnaire s’appuie sur une christologie et une conviction fortes. La conversion personnelle étant vécue comme une nouvelle naissance en Christ (1). Quant à la défense de la liberté de conscience, les baptistes aiment rappeler qu’ils ont défendu dès la première heure, au 17° siècle, la liberté religieuse. En France, ils ont milité pour la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Aujourd’hui l’Alliance baptiste mondiale participe à l’ONU à la lutte pour les droits de l’homme. JCN

(1) Aux USA, le phénomène des «born again  » est en essor et le président Bush lui-même en est issu. (apic/jcn/bb)

7 mai 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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