Menacé, il demande l’aide de l’archevêque de Cantorbéry

Jérusalem: Mordechai Vanunu est réfugié dans un centre anglican de Jérusalem

Jérusalem, 9 mai 2004 (Apic) Mordechai Vanunu, l’homme qui a été emprisonné pendant 18 ans en Israël pour avoir révélé les détails du programme nucléaire israélien, a placé sa sécurité future dans les mains de l’Eglise anglicane, et demandé à l’archevêque de Cantorbéry d’assurer sa protection. Des menaces de mort ont été proférées à son encontre. L’évêque anglican de Jérusalem, chez qui Mordechai Vanunu a trouvé l’hospitalité, craint pour la vie de cet ancien juif converti au christianisme.

Mordechai Vanunu été libéré il y a une quinzaine de jours de la prison israélienne d’Ashkelon après 18 ans de prison. Qualifié de traître par une partie des Israéliens et de héros par d’autres pour avoir dévoilé le programme nucléaire secret israélien, l’ancien technicien du réacteur nucléaire de Dimona a qualifié dès sa sortie des geôles israéliennes ses conditions de détention de «cruelles et barbares». Il a déclaré avoir souffert durant 18 ans parce qu’il était chrétien, et pas juif. Vanunu a été baptisé dans l’Eglise anglicane.

L’appel de Mordechai Vanunu a été rendu public par son frère Meir, qui a déclaré qu’il appartenait à l’archevêque de Cantorbéry, Rowan Williams, d’assurer la sécurité de Mordechai Vanunu qui, a-t-il dit, a reçu des menaces de mort depuis sa libération de prison le 21 avril.

Extrémistes et fanatiques

«Il y a des extrémistes et des fanatiques qui veulent s’en prendre à Mordechai», a dit son frère aux journalistes. «Nous aimerions que Rowan Williams annonce publiquement que l’Eglise anglicane est derrière lui, et assurera sa protection personnelle et sa sécurité».

Le bureau de Rowan Williams, chef spirituel de la Communion anglicane mondiale, n’a pas encore fait de commentaire à ce sujet.

Mordechai Vanunu, qui a été baptisé par un prêtre anglican dans les années 80 et s’est converti au christianisme, a trouvé refuge dans les locaux de la cathédrale (anglicane) Saint-Georges à Jérusalem depuis sa libération de prison. Il y réside en tant qu’hôte de l’évêque anglican en Terre Sainte, Riah Abu El-Assal.

La peur du fusil

L’évêque a offert à Mordechai Vanunu de rester dans la résidence d’hôtes de Saint-Georges près de son bureau à Jérusalem-Est mais il craint que l’Eglise ne soit pas en mesure d’assurer la sécurité nécessaire.

«Je crains que quelqu’un ne vienne avec un fusil et ne tire sur lui», a-t-il dit à la presse. «Nous ne voudrions pas que quelque chose lui arrive ici ou ailleurs, et surtout pas alors qu’il est dans le sanctuaire d’une église.» (apic/eni/pr)

9 mai 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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