L’Association catholique américaine de la santé alerte les députés

Etats-Unis: Un projet de loi demande aux hôpitaux de dénoncer les immigrants illégaux

Washington, 15 mai 2004 (Apic) Un projet de loi déposé par Dana Rohrabacher, représentant républicain de Californie, veut forcer les hôpitaux à dénoncer les immigrants illégaux au Département américain de la Sécurité intérieure (DHS). L’Association catholique américaine de la santé (CHA) rejette cette législation qui transformerait le personnel hospitalier en «agents gardes frontières».

Le projet de loi HR 3722 veut empêcher que les étrangers vivant illégalement aux Etats-Unis – Dana Rohrabacher parle de plus de 11 millions d’immigrants violant la loi – soient mis au bénéfice du système de sécurité sociale américain. Eglise catholique, défenseurs des droits de l’homme et hôpitaux concernés dénoncent cette proposition soutenue par les milieux républicains conservateurs et anti-immigrants.

Empreintes digitales et photos des malades

Si les congressistes suivent Dana Rohrabacher, les hôpitaux seront obligés de contrôler le statut légal des immigrants venus se faire soigner. Ils devront prendre les empreintes digitales et photographier ceux qui ne pourront pas prouver qu’ils résident légalement aux Etats-Unis. Ces informations devront être envoyées au plus vite au Département américain de la Sécurité intérieure.

L’obéissance à cette injonction conditionnera le remboursement par le gouvernement fédéral des coûts engagés par les hôpitaux qui traitent des illégaux sans assurance maladie et sans moyens de payer eux-mêmes les frais de traitement. Dans une lettre aux membres du Congrès, l’Association catholique américaine de la santé et six autres groupes hospitaliers les incitent à rejeter ce projet de loi.

Une acceptation de ces restrictions aurait des conséquences très graves, poussant des malades à ne pas se rendre à l’hôpital pour se faire soigner et recevoir des traitements adéquats pouvant sauver des vies. Les hôpitaux pourraient aussi refuser certains services de soins d’urgence. Les médecins estiment aussi qu’un tel rôle de dénonciateurs porterait atteinte au droit à la vie privée des patients. (apic/cns/be)

14 mai 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 1  min.
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