Prises de position de l’Eglise sur le préservatif dénoncées
Berne: L’Aide Suisse contre le Sida envisage des actions lors de la visite du pape
Berne, 14 mai 2004 (Apic) L’Aide Suisse contre le Sida (ASS) dénonce les prises de position de l’Eglise catholique en matière de préservatifs. L’organisation profite de la venue du pape à Berne, les 5 et 6 juin, pour lancer une campagne anti-sida et envisage d’intervenir lors de la rencontre nationale des jeunes catholiques.
«Des mises en garde contre un prétendu manque de sécurité des préservatifs, telles qu’elles ont été émises par certains dignitaires ecclésiastiques, portent préjudice à la prévention du VIH», souligne l’ASS, qui dénonce une prise de position exprimée en octobre dernier par le cardinal Alfonso López Trujillo.
Au nom du Vatican, ce dernier avait affirmé devant les caméras de la chaîne britannique BBC que le VIH pouvait franchir la barrière du préservatif.
Faux, affirme l’ASS, qui brandit des études menées par l’Organisation Mondiale de la Santé. «Utilisés correctement, les préservatifs empêchent une infection au VIH, quelle que soit la taille des agents pathogènes», soutient l’organisation.
Elle considère que les préservatifs «doivent occuper une place importante dans l’inventaire mondial des moyens utilisés pour lutter contre la propagation du sida».
Une distribution de préservatifs n’est pas exclue
ASS envisage d’intervenir aux abords de la fête nationale des jeunes catholiques, les 5 et 6 juin, comme l’affirme sa responsable du groupe de Berne, Beatrice Aebersold, dans les colonnes du quotidien bernois «Der Bund». Rien n’est pour l’instant décidé, selon elle, mais une distribution de préservatifs n’est pas exclue.
Marc Aellen, porte-parole de la Conférence des évêques suisses, a exprimé dans le même quotidien son étonnement face à cette volonté d’intervention tardive de l’ASS. Il regrette que cette organisation n’ait pas contacté plus tôt les organisateurs. Il rappelle que le pape lui-même définit des lignes éthiques, mais n’aurait «jamais parlé de préservatifs». Tout en qualifiant l’utilisation du préservatif de «moindre mal», Marc Aellen rappelle que «la meilleure protection reste la fidélité». Une participation d’ASS à un stand de la fête des jeunes ne peut être envisagé, selon les organisateurs, non pas par principe, mais du fait que le délai d’inscription est échu depuis longtemps. (apic/gs/bb)




