Vive réaction de Mgr Kurt Koch

Bâle: 41 éminents catholiques proposent au pape de démissionner à 75 ans

Bâle, 18 mai 2004 (Apic) Dans une lettre ouverte, 41 éminents catholiques suisses, dont plusieurs professeurs de théologie, proposent à Jean Paul II de démissionner. L’état de santé du pape, âgé de 84 ans, conduit à une érosion de l’autorité pontificale, affirment les signataires. Vive réaction de Mgr Kurt Koch, évêque de Bâle: absurde, de mauvais goût et dépourvu d’une vision saine.

La lettre, qui émane de la région de Bâle, a été envoyée à la Conférence des évêques suisses et au nonce apostolique, avec demande de la transmettre au pape lors de sa visite les 5 et 6 juin à Berne. Les auteurs rappellent que le droit canonique demande aux évêques de démissionner à l’âge de 75 ans. Cette disposition devrait également s’appliquer au pape, en tant qu’évêque de Rome, selon eux. Ils jugent «extrêmement critiquable», y compris du point de vue de la tradition de l’Eglise, la volonté exprimée à plusieurs reprises par Jean Paul II de persévérer dans sa mission jusqu’à la fin de sa vie, de la même façon que le Christ n’est pas descendu de la croix.

Les 41 signataires de la lettre rappellent que le pape lui-même a proposé dans son encyclique «Ut unum sint» que l’exercice de la papauté soit revu en profondeur. Ils relèvent en même temps que le pontificat de Jean Paul II est marqué par les records au niveau des voyages et des canonisations. L’évangile affranchit pourtant les hommes de «l’accomplissement d’exploits illusoires», soulignent les auteurs de l’appel.

En fait, les 41 catholiques auteurs de l’appel ne croient pas vraiment que leur lettre sera remise au pape lors de son voyage, affirme Xaver Pfister dans une interview diffusée le 18 mai dans la «Basler Zeitung». Le secrétaire général de la Conférence des évêques suisses, Agnell Rickenmann, n’a pas voulu commenter la lettre pour le quotidien bâlois.

Vive et rapide réaction de l’évêque de Bâle

L’évêque de Bâle, Mgr Kurt Koch, n’a par contre pas tardé à réagir. Dans une prise de position diffusée le 18 mai, il se dit «déçu et triste» de cette lettre, dont il se distancie totalement. La question du retrait du pape, qui intervient à la veille de son 84e anniversaire et à moins de trois semaines de sa venue à Berne, est jugée de «mauvais goût» par l’évêque de Bâle, diocèse d’où provient la grande majorité des signataires. Le prélat, vice président de la Conférence des évêques suisses, souligne encore que certains agents pastoraux et professeurs de théologie, signataires de l’appel, sont «visiblement dépourvus d’une vision saine».

La volonté des auteurs, «que nous autres évêques transmettions au pape une lettre lui disant qu’il ne devrait pas être là car cela fait 9 ans qu’il aurait dû se retirer» est «absurde», «contraire aux convenances les plus élémentaires» en demandant aux évêques une attitude insolente, et constitue «un grave manque de courtoisie à l’égard du Saint-Père», soutient l’évêque de Bâle dans sa prise de position.

Un dérapage qui, une fois de plus, provient du diocèse de Bâle

Mgr Koch n’est pas prêt de transmettre la lettre de 41 catholiques au pape. «Je vais plutôt lui présenter personnellement mes excuses pour ce dérapage qui, une fois de plus, provient du diocèse de Bâle». S’il admet qu’il est tout à fait possible de discuter de la période d’un pontificat, Mgr Koch souligne que la question est beaucoup plus complexe que ce que laisse penser l’appel, qui débute par «Très Cher Monsieur le Pape».

L’appel est notamment signé par les professeurs de théologie Josef Imbach, qui a été une fois remis à l’ordre par le Vatican, Dietrich Wiederkehr, Hermann-Joseph Venetz, Othmar Keel et Helen Schüngel-Staumann, ainsi que par plusieurs prêtres, laïcs responsables de communautés, catéchètes et présidents de conseils paroissiaux. Son initiateur est le théologien Xaver Pfister, responsable de l’information dans l’Eglise catholique à Bâle-Ville et formateur d’adultes. (apic/com/job/bb)

18 mai 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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