Protection personnelle de Jean Paul II 24 heures sur 24
Berne: La police municipale de Berne responsable de la sécurité lors de la visite du pape
Berne, 26 mai 2004 (Apic) Plus de 1’000 personnes seront engagées les 5 et 6 juin dans les domaines de la sécurité et du secours lors de la visite de Jean Paul II en Suisse. Le pape lui-même bénéficiera d’une protection personnelle 24 heures sur 24, a annoncé la police municipale de Berne, responsable de l’ensemble de la sécurité, avec laquelle collabore celle du canton de Berne.
Les mesures de sécurité lors de la visite de Jean Paul II en Suisse ont été dévoilées le 26 mai lors d’une conférence de presse à la caserne des pompiers de la ville de Berne. En fait, n’ont été révélés que certaines informations, non confidentielles. «Vous comprendrez que nous ne communiquerons aucun détail relatif au dispositif, aux éléments tactiques et aux effectifs mis en place par les polices», a précisé d’entrée le Major Peter Theilkäs, chef de la police de sûreté. Sécurité et secours mélangés, plus de 1’000 personnes seront au front, les 5 et 6 juin entre Payerne et Berne, dont des policiers spécialisés comme des tireurs d’élite, des membres d’unités antiterroristes, des spécialistes en explosifs, ainsi que des chiens de protection et détecteurs d’explosifs.
Quant à l’armée, elle ne sera mobilisée qu’en cas d’extrême nécessité, a expliqué Daniel Blumer, commandant de la police de la ville de Berne. Selon un concordat passé en Suisse entre les organes de protection civiles et militaires, ces derniers n’interviennent que si les polices ne sont plus en mesure d’assumer leur tâche. «Ce qui n’est pas le cas lors de la visite du pape, si tout se passe comme prévu», soutient Daniel Blumer.
Sécurité d’un chef d’état et rassemblement de masse
La police de Berne est d’ailleurs habituée à la mise en place des dispositifs de sécurité lors des importantes manifestations. Mais dans le cas présent, à la visite d’une personnalité avec une protection particulière à assurer, s’ajoute l’affluence massive attendue lors du rassemblement: 10’000 jeunes le samedi et entre 50’000 et 100’000 participants à la messe du dimanche. Autrement dit, la visite du pape, c’est la protection d’un chef d’Etat, avec le double d’affluence d’une finale de Coupe suisse de football.
Il ne sera pas aisé de faire entrer tout ce petit monde dans la plaine de l’Allmend, qui sera grillagée pour l’occasion. Même si la police aménagera 170 portes d’entrée, les organisateurs recommandent au public d’arriver deux heures avant le début de la messe, car seuls 30’000 personnes peuvent passer par heure en raison des contrôles rigoureux qui seront effectués à l’entrée. Armes à feu, projectiles, battes de baseball ou autres objets contondants, sirènes et klaxons avec vaporisateur seront confisqués, préviennent les responsables de la sécurité.
Consigne des organisateurs: venez en train!
Autre grand problème logistique exposé par les responsables de la sécurité: les transports. «Le nombre de places de stationnement est considérablement réduit, voire quasiment inexistant en cas de pluie», informe l’Adjudant Peter Hirter, chef de la circulation. Les organisateurs recommandent clairement au public de se rendre à Berne par les transports publics. Pour qui doit s’y rendre en car ou en voiture, notamment les personnes à mobilité réduite, des places seront aménagées dans les rues environnantes. Parmi les bien-portants qui voudront absolument utiliser la voiture, les plus chanceux trouveront quelques places dans les environs, comme à la caserne de Berne, alors que les derniers venus se retrouveront peut-être à plusieurs kilomètres, à Schönbühl, d’où ils rejoindront le lieu de la manifestation avec un bus navette.
Autre élément lié à la sécurité: les services sanitaires. Le personnel de secours se composera durant ces deux jours de près de 185 personnes, dont 10 médecins d’urgence, 90 sauveteurs sanitaires, 80 samaritains et 5 autres collaborateurs mobilisés pour la conduite des engagements. En cas de très sérieux pépin, les blessés seront acheminés par ambulance ou par hélicoptère dans les hôpitaux des environs, selon le Major Jean-Claude Lergier, responsable d’opérations à la police sanitaire de la ville de Berne. Pour tous les autres cas, trois postes de secours sanitaires et sept postes de samaritains quadrilleront l’emplacement de la manifestation. BB
Encadré:
L’aérodrome de Payerne habitué aux hautes personnalités
A l’aérodrome militaire de Payerne, la venue du pape n’a pas provoqué une effervescence particulière, affirme un responsable de la sécurité. «Nous nous occupons uniquement de la sécurité de l’avion, les polices cantonales et celle de la ville de Berne assurent le reste», explique notre interlocuteur, qui ne veut pas voir figurer son nom dans la presse. Les visites de personnalités importantes, le personnel du lieu y est d’ailleurs habitué. Parmi les nombreux chefs d’état qui ont atterri dans la Broye vaudoise, figurent notamment l’ancien président français François Mitterrand et, plus récemment, le président mexicain Vicente Fox. Sans compter les personnalités forcées d’atterrir à Payerne, dont la piste de 2’800 mètres assure davantage de sécurité qu’à Belp, notamment en cas de pluie. C’est d’ailleurs en raison de la longueur de la piste que l’Airbus de la compagnie Alitalia transportant le pape, avec plus de 90 passagers, se posera à Payerne. BB
Encadré:
Nombre de participants: la grande inconnue
Si les inscriptions pour la fête des jeunes continuent d’affluer (elle atteigne actuellement près de 8’000), aucun chiffre ne peut être articulé quant au nombre de participants lors de la messe du dimanche matin. «Aucune inscription n’est demandée. Cela reste donc la grande inconnue», affirme Marc Aellen, responsable de l’information au comité de préparation, qui estime entre 50’000 et 100’000 le nombre de fidèles qui seront présents lors de la messe pontificale. «La plaine de l’Allmend peut accueillir jusqu’à 200’000 personnes», affirme Daniel Blumer, questionné sur la barre critique du nombre de participants. «Mais dans ce cas, ce seront surtout les problèmes de transport qui apparaîtront».
Autre chiffre concernant la couverture de l’événement: plus de 700 demandes d’accréditation journalistique sont parvenues à ce jour auprès des organisateurs, auxquels s’ajoutent les quelque 60 journalistes accrédités au Vatican qui se trouveront dans l’avion du pape. BB
Encadré:
A chaque instance son dispositif de sécurité
En plus des forces de police cantonales et municipales de Berne, la visite de Jean Paul II mobilisera d’autres instances de sécurité, et notamment celui de la Confédération au moment de l’accueil du pape par le président Joseph Deiss, la police cantonale vaudoise durant du passage à Payerne, et la police de l’air lors du survol du territoire suisse par l’Airbus d’Alitalia transportant le pape et sa suite.
Le fait que la police de la ville de Berne gère l’ensemble du dispositif de sécurité a cependant facilité l’organisation et permis d’éviter des passages de témoins cantonaux «à la façon suisse». Lors de la visite du même pape en juin 1984, les voitures de police attendaient à la frontière cantonale l’arrivée du convoi du pape, accompagné par les véhicules de leurs collègues du canton voisin, pour prendre le relais de la sécurité. BB
(apic/bb)




