Mais aussi Karol Wojtyla
103e voyage de Jean Paul II: les jeunes suisses ont rencontré le pape
Pour l’Apic, Hervé Yannou,
Berne, 6 juin 2004 (Apic) Le troisième voyage de Jean Paul II en Suisse, les 5 et 6 juin 2004, est l’occasion pour les jeunes de Suisse et d’ailleurs de rencontrer le pape, mais aussi Karol Wojtyla: c’est en effet souvent son charisme qui les fascinent, alors qu’ils entretiennent peu de rapports institutionnels avec l’Eglise, comme dans le reste de l’Europe.
Caroline Descamps, étudiante en anglais à Genève, interrogée par I’Apic, voit avant tout en Jean aul II «l’homme de convictions» et «la force qu’il a de les maintenir», même si elle même ne les partage pas toujours. Pour Camille Moneau, étudiant en sciences à Lausanne, l’enseignement du pape «lui a servi quotidiennement» et il admire ce qu’il a fait pour la chute du bloc de l’Est.
es deux étudiants ont participé aux JMJ de Rome en l’an 2000, comme de nombreux participants à la rencontre de Berne, qui ne sont pas tous Suisses, mais aussi Allemands, Français, Italiens et aussi Mexicains, pour ne citer que quelques pays. Par contre c’est la première rencontre avec le pape pour un groupe d’adolescents de 14 ans de Neuchâtel. C’est avant tout l’homme historique qu’ils sont venus voir, «Karol Wojtyla et pas tout ce qu’il y a autour, le Vatican.»
«Ils m’ont demandé pourquoi j’avais changé de couleur et pourquoi j’étais devenu rouge», a confié à I’Apic, le cardinal Henri Schwery, évêque émérite de Sion, qui se mêlait à la foule dans sa tenue de cardinal, accompagné par un groupe d’évêque, qui eux étaient en violet. «Autrefois, on savait ces choses», dit-il, amusé. «Aujourd’hui, les jeunes vivent l’Eglises différemment, à travers des mouvements et des rassemblements du type des JMJ. Ils ne connaissent pas toujours bien l’enseignement du pape, ou ne le suivent pas, mais ils admirent la dimension de l’homme».
Impressionné
A la sortie de la rencontre de Jean-Paul II avec les 13’000 jeunes, réunis à la patinoire de Berne le soir du 5 juin 2004, Séverine Borlot, qui est venue de France pour rejoindre des amis suisses, sèche encore ses larmes. «J’ai été très émue de voir et surtout d’entendre le pape», déclare- t-elle. «J’ai été très impressionnée par sa volonté. Malgré sa maladie et la fatigue, il a lu tout son texte et j’ai été très touchée par le message qu’il nous a livré». Quant à Udo Waltman, étudiant à Innsbruck, il a été très impressionné par l’ambiance. «Je ne suis pas un admirateur inconditionnel de Jean-Paul II. Je suis catholique, mais je ne partage pas toujours le message de l’Eglise», dit-il à. Cela dit, «c’est un homme extraordinaire, qui aime sincèrement la jeunesse, comme il nous l’a montré ce soir».
Sur le site du rassemblement, l’ambiance était très bonne en ce soir du 5 juin, y compris pour les milliers de jeunes qui ont convergés vers la BernArena tout au long de la journée et qui y ont passé la nuit, pour beaucoup (dans les 21’000 M2 réservés pour les dortoirs.
Une gageur?
Ce premier voyage de Jean Paul II hors d’Italie depuis huit mois (il s’était rendu en Slovaquie en septembre 2003) a parfois pu être considéré comme une gageure dans un pays religieusement contrasté, où les catholiques (41% de la population) vivent un fort oecuménisme avec les protestants (37 % de la population) et où la tradition de la démocratie directe font que les interventions du Saint-Siège ne sont pas toujours les bienvenues.
Le 18 mai 2004, à l’occasion du 84e anniversaire du pape, une quarantaine d’éminents catholiques suisses (dont de nombreux prêtres et plusieurs professeurs de théologie) avaient demandé à Jean Paul II de prendre sa retraite et un sondage de l’institut Link montre que trois Suisses sur quatre, plus encore les Suisses allemands que les Romands, voudraient voir le pape renoncer à sa charge. En outre, un récent sondage publié par le journal «L’hebdo» révèle que près de neuf Suisses sur dix veulent l’abrogation du célibat des prêtres et 76% d’entre eux se déclarent favorable au sacerdoce des femmes.
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(apic/imedia/hy/pr)




