Nomination d’un évêque dans le diocèse de Thanh Hoa au Vietnam
Rome: Relations entre le Vatican et le Vietnam en amélioration
Rome, 14 juin 2004 (Apic) Plusieurs indicateurs montrent que les relations entre le Vatican et le Vietnam sont en cours d’amélioration. Alors que le 12 juin 2004, Jean-Paul II a nommé le père Nguyen Chi Linh comme évêque du diocèse de Thanh Hoa au Vietnam, Mgr Pietro Parolin a mis en valeur les aspects positifs de sa visite officielle, récemment effectuée sur place.
Le père Nguyen Chi Linh, nommé par le pape évêque du diocèse de Thanh Hoa, au Vietnam, né en 1949 et ordonné en 1992, était, jusqu’à sa nomination épiscopale, professeur au grand séminaire de Nha Trang. Il a étudié à l’Université catholique de Paris, où il a obtenu un doctorat en philosophie. Dans sa brève biographie publiée par le Saint-Siège, il est signalé qu’»en raison des événements politiques au Vietnam, il a dû – avant son ordination sacerdotale – revenir dans le village de sa famille et y travailler durement durant 14 ans». Cette nomination épiscopale, comme toutes celles qui sont faites au Vietnam, a été validée préalablement par le gouvernement vietnamien. Les nominations d’évêques se font au compte- gouttes et lorsqu’elles sont possibles, le Vatican les considère toujours comme un signe positif et une avancée pour la communauté catholique locale.
Par ailleurs, dans l’édition datée du mois de mai 2004 mais diffusée à la mi-juin du mensuel italien «Trenta Giorni», Mgr Pietro Parolin, sous- secrétaire de la section pour les rapports avec les Etats, de la Secrétairerie d’Etat, dresse un bilan positif de la visite qu’il a effectuée au Vietnam, du 27 avril au 3 mai 2004.
Retour à l’esprit d’ Hô Chi Minh
Le cardinal vietnamien récemment nommé – le 21 octobre 2003 – Jean Baptiste Pham Minh Mân, a publiquement proposé de régler la question de la liberté religieuse en fonction de ce qu’avait proposé Hô Chi Minh, fondateur et premier président de la République démocratique du Vietnam. Mgr Parolin à jugé que cette initiative «méritait un soutien». «On ne peut que souhaiter, a-t-il affirmé, un retour à l’esprit qui animait Hô Chi Minh, lequel, dans l’ordonnance 234 de 1955, ne posait pas de limites à l’Eglise, dans le cadre de la nomination des évêques, de l’accès aux séminaires, ou des activités des communautés religieuses».
Mgr Parolin a souligné qu’il avait plusieurs fois entendu citer, au cours de colloques, «une résolution du comité central du parti communiste dans laquelle les catholiques vietnamiens sont considérés comme ’des citoyens à part entière’». Le prélat affirme encore que ses interlocuteurs vietnamiens ont manifesté la volonté de «laisser le passé en arrière et de regarder avec confiance l’avenir».
Au cours de sa mission officielle et en compagnie de l’ensemble de la délégation du Saint-Siège, Mgr Parolin a pu visiter deux diocèses fermés jusque-là, ceux de Xuân Loc et de Ban Mê Thuôt. Le fait de pouvoir se rendre dans ces diocèses a été pour lui, «une surprise».
Encore beaucoup de chemin à parcourir
Le diocèse de Xuân Loc, dans le sud du Vietnam, est le plus grand diocèse du pays. Les catholiques y représentent environ 30% de la population. Le diocèse de Ban Mê Thuôt se trouve sur les hauts plateaux du Centre et une quarantaine de minorités ethniques y vivent, qu’on appelle «les montagnards». Des tensions importantes y ont été signalées au début du mois d’avril. Mgr Parolin affirme avoir été informé de ces tensions, par les autorités locales.
Tout en qualifiant les rencontres avec les autorités de «respectueuses et presque cordiales», l’officiel de la Secrétairerie d’Etat n’a pas caché le fait qu’il reste «des questions en attente de réponses» et «beaucoup de chemin à parcourir».
Les premières visites officielles d’une délégation du Saint-Siège ont commencé il y a 15 ans, et Mgr Parolin affirme que «l’on ne peut pas nier les progrès». Il donne ainsi l’exemple de certaines régions dans lesquelles le gouvernement a demandé l’aide de congrégations religieuses pour soigner les malades du sida, et le fait que des autorisations ont été données pour des entrées dans des instituts religieux. (apic/imedia/vb)




