Pour une reprise du dialogue théologique avec les orthodoxes
Rome: Le pape a rencontré le patriarche Bartholomé Ier
Rome, 29 juin 2004 (Apic) Le pape Jean Paul II a reçu le patriarche de Constantinople Bartholomé Ier dans la matinée du 29 juin 2004, soulignant l’importance et l’urgence de la reprise du dialogue théologique, suspendu depuis l’an 2000.
Alors que le dialogue théologique a été suspendu depuis la dernière session de la Commission mixte internationale de dialogue, en 2000 à Baltimore, le pape a souligné devant Bartholomé Ier, qu’il restait «un instrument important» et a manifesté le souhait qu’il soit «réactivé». «Je suis convaincu, a-t-il affirmé au cours de son discours, d’une telle urgence et c’est ma volonté ainsi que celle de mes collaborateurs de tout mettre en oeuvre afin d’alimenter l’esprit d’accueil et de compréhension réciproque, dans la fidélité à l’Evangile et à la tradition apostolique commune».
40e anniversaire de la rencontre entre Paul VI et Athénagoras
Les deux hommes se sont rencontrés pour marquer le quarantième anniversaire de la rencontre de Paul VI et d’Athénagoras à Jérusalem. Revenant sur cette accolade historique, Jean Paul II l’a qualifiée de «courageuse et joyeuse», mais aussi de «providentielle pour la vie de l’Eglise». Pour le pape, les deux hommes ont alors su «dépasser les préjudices et les incompréhensions séculaires». Cette visite avait précédé un autre geste d’importance, le retrait des excommunications mutuelles qui dataient de 1054.
Depuis cet événement, Jean Paul II a souligné que les relations entre les deux Eglises, «ont eu des occasions importantes de contacts, ayant favorisé l’esprit de la réconciliation réciproque». Il a ainsi cité, entre autres, la seconde rencontre entre Paul VI et Athénagoras en 1967, sa propre visite à Istanbul au Phanar, en 1979, et le lancement du dialogue théologique par le patriarche Dimitrios Ier, venu ensuite au Vatican en 1987.
Episodes douloureux
Mais le pape a aussi rappelé les épisodes douloureux de l’histoire des deux Eglises comme le sac de Constantinople par les croisés, en 1204. Un acte commis par des représentants de l’Eglise catholique et pour lequel Jean Paul II avait officiellement demandé pardon aux orthodoxes, lors de son voyage en Grèce, en mai 2001. «Après tant de temps, a dit Jean-Paul II, nous pouvons analyser les événements d’alors avec une majeure objectivité, tout en ayant conscience de la difficulté de mettre en lumière la pleine vérité historique». Le pape a ainsi demandé à Dieu qu’il «purifie la mémoire de tout préjudice et de tout ressentiment, et qu’il nous concède d’avancer librement sur la voie de l’unité».
Au cours de son angélus prononcé le 29 juin 2004 à l’occasion de la fête des saints Pierre et Paul, fériée en Italie, Jean Paul II s’est encore félicité de la présence du patriarche de Constantinople Bartholomé Ier, arrivé la veille à Rome.
Alors que le pape et le patriarche se sont rencontrés dans la matinée du 29 juin pour signer une déclaration commune, Jean-Paul II a ajouté qu’il avait «invité» Bartolomé Ier à participer à la célébration prévue en fin d’après-midi au cours de laquelle le pape remettra le pallium à 44 archevêques nommés dans l’année. Les deux hommes prononceront ensemble l’homélie et la profession de foi. (apic/imedia/pr)




