Poursuivre le chemin vers la pleine communion
Jean Paul II et Bartholomé Ier réaffirment leur volonté commune
Rome, 1er juillet 2004 (Apic) Jean Paul II et Bartholomé Ier, patriarche oecuménique de Constantinople, ont réaffirmé «leur volonté de poursuivre le chemin vers la pleine communion «, malgré «les problèmes issus des profonds changements politiques et sociaux en Europe, et leurs conséquences sur les rapports entre les Eglises». C’est ce que dit la déclaration commune à l’issue de la visite officielle à Rome du patriarche orthodoxe. Le dialogue théologique était suspendu entre les deux prélats depuis 2000, butant sur la question d’un patriarcat uniate.
«Avec le retour à la liberté des chrétiens en Europe centrale et orientale se sont aussi réveillées d’anciennes peurs, rendant difficiles le dialogue», peut-on lire dans la déclaration. «Notre rencontre à Rome nous a permis d’affronter fraternellement certains problèmes et malentendus qui se sont récemment présentés», poursuivent les deux chefs religieux.
Le projet d’un patriarcat uniate en Ukraine avait fait l’objet de controverses tant dans le monde catholique que chez les orthodoxes. A l’automne 2003, le patriarche de Moscou Alexis II et son homologue de Constantinople, Bartholomé Ier, avaient alors très vivement réagi. Dans une lettre envoyée à Jean-Paul II en novembre 2003 et publiée sur la version grecque du site de son Eglise, Bartolomé Ier avait alors menacé l’Eglise catholique de geler ses relations avec elle, si elle décidait d’élever un patriarcat pour les catholiques byzantins d’Ukraine.
Recevant par ailleurs le 3 juin 2004 le cardinal et archevêque majeur des Ukrainiens gréco-catholiques, Lubomyr Husar, ainsi que les membres du synode permanent de l’Eglise catholique ukrainienne, le souverain pontife leur avait témoigné son souci de résoudre cette question. Il avait cependant souligné que la création d’un patriarcat ne se ferait pas sans tenir compte de la position des autres Eglises chrétiennes.
«Il est de notre devoir de continuer dans l’engagement décisif et de réactiver les travaux le plus rapidement possible», estiment les deux chefs religieux dans leur déclaration commune du 1er juillet, alors que le dialogue théologique a été suspendu depuis la dernière session de la Commission mixte internationale de dialogue qui s’était réunie en l’an 2000 à Baltimore.
L’héritage chrétien de l’Europe
«Devant un monde qui souffre de divisions et de déséquilibres, notre rencontre marque de façon concrète et avec force, l’importance pour les chrétiens et les Eglises de vivre en paix et en harmonie». «Les défis à affronter ensemble pour contribuer au bien de la société sont nombreux». Et la déclaration de citer la lutte contre le terrorisme, l’engagement commun en faveur de la paix, la construction d’un «vrai dialogue avec l’islam», et la restitution «au continent européen de la conscience de ses racines chrétiennes».
La déclaration commune juge «très positive» la marche de l’Europe «vers des formes plus fortes d’intégration et d’élargissement, vers l’Est du continent, nous espérons que, dans cette nouvelle situation, la collaboration entre catholiques et orthodoxes se développe», ont en outre souhaité les deux signataires.
Bartholomé Ier, reçu le 30 juin 2004 par le maire de Rome Walter Veltroni, est en effet revenu sur le thème de l’héritage chrétien de l’Europe. «De Rome, ville fondamentale dans l’histoire depuis trois mille ans, est parti l’esprit chrétien qui a imprégné toute l’Europe», a ainsi déclaré au Capitole le patriarche, qui réside à Istanbul. Quelques heures plus tard, invité par la communauté Sant’Egidio dans l’église Saint-Bartholomé sur l’île tibérine, dédiée aux martyrs du 20e siècle, il a affirmé que «l’extrémisme est contraire à la volonté de Dieu. Chacun doit être libre de choisir sa religion».
Le pape invité à Constantinople
Cette déclaration commune mettait un point final à la visite de Bartholomé Ier à Rome qui s’est conclue par un déjeuner dans les appartements du pape. Le patriarche a alors invité Jean Paul II à se rendre à Constantinople (Istanbul)
Initiée le 29 juin 2004, pour la fête des saints Pierre et Paul, cette rencontre entre les deux hommes se faisait à l’occasion du quarantième anniversaire de la rencontre de Paul VI et d’Athénagoras à Jérusalem. Elle a aussi été l’occasion de conversations bilatérales entre la délégation du patriarcat de Constantinople et des membres du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens.
Par ailleurs, le 1er juillet 2004, Bartholomé Ier a pris possession de l’église Saint-Théodore au Palatin qui, sur la demande de Jean Paul II, et après restauration, a été affectée à la communauté greco-orthodoxe de Rome. Le patriarche quittera la Ville éternelle, le 2 juillet 2004, après avoir rencontré Chiara Lubich, fondatrice du mouvement des Focolari, dans l’après- midi du 1er juillet. (apic/imedia/vb)




