Israël: Le Père Jaeger mi-figue mi-raisin avec la modification du tracé du mur de séparation
La décision de la Cour? «Une épée à double tranchant»
Rome, 2 juillet 2004 (Apic) La décision de la Cour suprême d’Israël de modifier le tracé du mur de séparation construit par les autorités israéliennes en Cisjordanie est «une épée à double tranchant», a estimé le franciscain David Jaeger, porte-parole de la Custodie de Terre Sainte, sur les ondes de Radio Vatican le 1er juillet 2004, au lendemain de la sentence de la Cour suprême.
«C’est un échec pour l’establishment militaire car elle nie que le tracé du mur soit le seul moyen compatible avec les exigences de sécurité et, d’autre part, elle ne nie pas la légitimité du mur en tant que tel», a expliqué le père franciscain. «C’est justement en délégitimant une partie du tracé de mur que la Cour pourrait aider le gouvernement à se défendre des crises internes», a-t-il encore déclaré.
Si, pour les juges israéliens, le mur est bien licite, il cause cependant des difficultés sérieuses à la population, a regretté le franciscain. Non seulement «le mur empêche les fermiers de se rendre aux champs, les enfants à l’école, les employés à leur travail et les malades à l’hôpital», mais il «coupe la vie et le tissu social de communautés toutes entières». Le tracé actuel pourrait encercler certaines populations et les enfermer dans un ghetto, a-t-il ajouté.
Dans l’attente de la décision de La Haye
Pour le père Jaeger, le projet actuel du mur aurait aussi des répercussions sur l’accès des chrétiens aux lieux saints. Il diviserait en deux le Mont des oliviers par exemple, et la tombe de Lazare – maison de Marthe et Marie de Béthanie -, resterait hors de la zone de Jérusalem et donc inaccessible aux pèlerins.
Le tribunal international de La Haye devrait se prononcer sur la légitimité de ce mur le 9 juillet prochain. Les Palestiniens espèrent que la juridiction internationale déclare illégale cette construction. (apic/imedia/pr)




