Vive polémique à propos de la finance d’inscription
Thaïlande: La Conférence internationale sur le sida commence le 11 juillet à Bangkok
Bangkok, 8 juillet 2004 (Apic) La Conférence sur le sida débutera le 11 juillet. Mais déjà la polémique fait rage. Non quant au thème abordé, mais à cause des frais d’inscription pour les participants: 1’000 dollars par personne, 1’250 pour les retardataires inscrits après le 1er mai. Sans parler des dépenses annexes indispensables. Un exemple d’accès à tous. Sauf aux pauvres, commente une resposnable d’ONG.
Pourtant le slogan de cette 15ème conférence internationale sur le sida, qui se tiendra à Bangkok, capitale de la Thaïlande, du 11 au 16 juillet, est engageant. Mais lucratif, à en croire le nombre d’inscriptions.
Plus de 20’000 délégués – chercheurs, médecins, représentants d’agences internationales et l’ONG locales, nationales, internationales, associations religieuses, organisations de victimes du sida – de 160 pays sont en effet attendus pour cette 15ème réunion organisée par «International Aids Society» (IAS) sise à Stockholm, une association de lutte contre la maladie.
Le choix de la capitale thaïlandaise semble opportun pour aborder le thème du sida, à la lumière de ce qu’a déclaré le 6 juillet le directeur exécutif de l’ONUSIDA (programme des Nations Unies sur le sida) Peter Piot: «L’Asie est aujourd’hui ce que l’Afrique était il y a 15 ans». Le sida s’y transforme en effet rapidement en une pandémie qui touche au moins 7,4 millions de séropositifs (1,1 million de plus en un an).
Même si l’Afrique reste le continent le plus touché par l’épidémie, avec 25 millions de personnes infectées, la diffusion du virus en Asie inquiète, notamment à cause de la masse de population qui habite le continent (60% de la population mondiale).
3% de malades en Thaïlande
La seule Thaïlande compte 3% de sa population atteinte du virus. La Conférence de Bangkok, organisée par l’IAS, en collaboration avec des agences internationales et avec la coalition d’ONG thaïlandaises de lutte contre le sida a cependant suscité de vives polémiques, non quant au thème abordé, mais à cause des frais d’inscription pour les participants: 1’000 dollars par personne, 1’250 pour les retardataires inscrits après le 1er mai. Son exclus de cette somme les dépenses de logement, de voyage ou de repas à Bangkok. «C’est là un exemple d’accès à tous sauf aux pauvres» a commenté Karyn Kaplan, de l’organisation Groupe d’action pour les soins du sida en Thaïlande.
L’IAS a répondu en assurant que cet argent sert en réalité à couvrir la présence au sommet des délégués des pays les plus pauvres. Cependant, notent les observateurs, si cela est vrai, ce n’est que pour un nombre très restreint de participants. «Beaucoup d’organisations de base ou de petite dimension ne pourront pas se permettre de participer aux travaux» a déclaré à l’Agence Misna Ann Smith, de l’organisation catholique britannique CAFOD (Catholic Agency for Overseas Development), appartenant au réseau Caritas Internationalis.
Session «oecuménique» entre ONG
Son collègue Patrick Nicholson, qui travaille actuellement au Cambodge, a qualifié cette taxe d’inscription de «scandaleuse». «Les personnes qui travaillent sur le sida soulignent qu’avec la somme ainsi demandée, les besoins pour les programmes sur le sida de tout le Cambodge pourraient être couverts» a-t-il ajouté.
Avant cette conférence, un Conseil oecuménique des Eglises chrétiennes se tiendra à Bangkok les 9 et 10 juillet pour discuter des questions délicates comme «sida et sexualité, absence de contraception et formation théologique», organisée par l’Ecumenical Advocacy Alliance. Des représentants des communautés bouddhistes et musulmane se réuniront à la même période et rencontreront les représentants chrétiens lors d’une session interreligieuse de dialogue sur le sida prévue le 10 juillet, à la veille de l’ouverture de la conférence. (apic/misna/pr)




