Les Eglises allemandes affichent leur prudence

Allemagne: Projet de loi et directives anticipées en cas de maladies incurables

Bielefeld, 9 juillet 2004 (Apic) Les Eglises protestante et catholique romaine allemandes ont accueilli avec une certaine prudence le projet du gouvernement de donner aux patients en phase terminale la possibilité de refuser la poursuite du traitement.

Une nouvelle loi permettrait aux personnes de rédiger une directive anticipée – ou testament de vie – par laquelle elles pourraient indiquer par écrit quels soins médicaux elles voudraient avoir si elles devenaient très malades.

Ces directives devraient être prises en compte lorsque les patients ne pourraient plus s’exprimer, par exemple dans le cas d’un coma ou de la maladie d’Alzheimer. «Ces testaments de vie seraient d’une grande aide pour les proches, les soignants et les médecins», affirment l’Eglise évangélique d’Allemagne (EKD) et la Conférence épiscopale allemande dans un communiqué commun. «Les propres décisions des patients concernant leur traitement, et le respect des volontés et désirs des individus, peuvent être enregistrés dans ces déclarations».

Attention aux pressions

Quant aux deux Eglises, elles rejettent catégoriquement toute proposition de suicide médicalement assisté et d’euthanasie, et soulignent que les patients «ne devraient en aucune circonstance subir des pressions» afin de mettre un terme à leur vie.

La ministre de la Justice allemande, Brigitte Zypries, a annoncé à la mi-juin qu’un projet de loi allait être introduit qui donnerait un poids juridique aux volontés des patients tout en ajoutant que le gouvernement n’avait pas l’intention de légaliser le suicide médicalement assisté.

Le projet, qui deviendrait loi en 2006, s’il était adopté s’inspire des propositions d’un groupe de travail mis en place par la ministre et composé de médecins, d’experts juridiques, de groupes d’assistance sociale et de représentants d’Eglise.

Nuances de taille

Pourtant, certains députés allemands voudraient que le suicide médicalement assisté devienne légal, comme c’est le cas aux Pays-Bas, en Belgique et en Suisse, ce que rejettent les responsables d’Eglise.

«Nous voulons aider ceux qui meurent mais nous ne voulons pas les aider à mourir si cela signifie avoir un rôle actif», a déclaré le cardinal Karl Lehmann, président de la Conférence épiscopale.

Les Eglises catholique et protestante donnent déjà des conseils dans une perspective chrétienne sur l’élaboration des déclarations. Les Eglises gèrent aussi des hospices et dispensent des soins palliatifs pour les patients en phase terminale.

Silke Fauzi, porte-parole de l’EKD, a indiqué à l’Agence oecuménique ENI que «les soins palliatifs sont aujourd’hui une nécessité pour les étudiants en médecine, et les infirmières de nos hospices font tout pour atténuer les souffrances et aider les mourants».

Dans leur communiqué commun, l’EKD et la Conférence épiscopale soulignent qu’il est nécessaire d’avoir davantage d’unités de soins palliatifs et d’hospices. «Une société qui possède les moyens de prendre en charge les malades et les mourants apporte la dignité humaine à la vie dans toutes ses phases». (apic/eni/pr)

9 juillet 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!