L’Inde entre dans une nouvelle phase
Rome: Entretien avec le cardinal Toppo à propos des dernières élections en Inde
Rome, 15 juillet 2004 (Apic) Les dernières élections en Inde, emportées par le parti du Congrès ont été «une grande victoire de la démocratie» sur le fondamentalisme, a affirmé le cardinal Telesphore Placidus Toppo. L’archevêque de Ranchi répond au quotidien «Avvenire» du 15 juillet 2004 sur le programme du gouvernement de Manmohan Singh, élu en avril dernier. Le président de la Conférence épiscopale indienne a en outre souligné le rôle de l’Eglise dans ce pays caractérisé par la diversité culturelle et religieuse.
«Une nouvelle phase a commencé pour l’Inde», a estimé le cardinal originaire de la région du Jharkhand où 15% de la population est chrétienne, contre une moyenne nationale de 1,6%. «Les électeurs ont refusé une politique trop proche du fondamentalisme», qui caractérisait l’ancien gouvernement du BJP, la formation nationaliste hindoue, a-t-il poursuivi. «Personne n’attendait ce changement», a-t-il expliqué, soulignant cependant les qualités de Vajpayee, le Premier ministre sortant.
Pour le prélat indien, le fondamentalisme fait partie «des problèmes qui réapparaissent de temps en temps et puis qui passent». Et «ces élections générales l’ont justement démontré», même s’il faut «rester vigilant».
«Nous ne vivons pas une situation comme celle de l’Irak, ou du Sri Lanka», a expliqué le cardinal Toppo, pour qui l’Inde est «un monde en miniature, un exemple possible d’unité dans la diversité». Si, pour lui, «les fondamentalistes ont cherché à nier cela», les élections ont au contraire prouvé que la population «souhaite paix et harmonie pour que l’Inde puisse grandir comme une grande nation».
Pour le cardinal, le plus grand défi, en Inde, reste la pauvreté. Il espère que le nouveau gouvernement fera tout son possible pour promouvoir la justice. «Sans justice, nous n’aurons pas la paix et sans la paix nous n’aurons pas de vrai développement», a-t-il ajouté.
Education et formation
Soulignant la grande contribution de l’Eglise en Inde, notamment au niveau de l’éducation et de la formation, le président de la Conférence épiscopale indienne s’est arrêté sur le problème des castes encore très présentes malgré leur abolition légale dès l’indépendance du pays, en 1947. «Tous viennent étudier dans nos écoles, tous sont accueillis dans nos hôpitaux», a poursuivi le prélat, insistant sur le fait que l’Eglise servait tout le monde, sans tenir compte des origines.
«Seul l’avènement d’une nouvelle mentalité pourra véritablement venir à bout de ce système», a-t-il alors expliqué. «L’influence culturelle de la globalisation, toujours plus présente également en Inde, peuvent être une aide», a-t-il suggéré, mettant toutefois en garde contre l’individualisme qui peut en découler. (apic/imedia/pr)




