Tracasseries et fichage visant chrétiens et musulmans
Russie: Des prêtres dénoncent un contrôle étatique sur les paroissiens
Samara, 19 juillet 2004 (Apic) Chrétiens comme musulmans sont en butte à un fichage administratif de leurs paroissiens. Les organisations religieuses doivent fournir au département local de Justice les noms, âges et adresses des membres des différentes Eglises enregistrées sur le territoire de Samara, région de la Volga est. Les autorités administratives elles-mêmes manquent de coordination dans ce qui est dénoncé comme un moyen de pression sur les fidèles de toutes confessions.
Le responsable de l’Eglise pentecôtiste de Samara, Vasili Lyashevsky, a rapporté à «Forum 18 News Service», agence de presse centrée sur la défense des libertés religieuses basée à Oslo, que le département local de justice de Samara, région de la Volga, ville de 1’160’000 habitants, demandait aux différentes organisations religieuses de lui fournir la liste des paroissiens, noms, âges et adresses. «Nous savons que le but de cette demande est d’obtenir le nom des paroissiens pour ensuite faire pression sur eux plus tard», a-t-il déclaré à Forum 18.
Il a également précisé que des requêtes similaires avaient été faites dans les régions de Irkutsk, Perm, Tambov, Udmurtia et Yekaterinburg. Le porte- parole de l’Eglise pentecôtiste a déclaré que si l’Etat continue à demander des détails personnels aux fidèles, son Eglise se retirerait dans la clandestinité.
Le curé catholique de Samara refuse de donner des noms de paroissiens
Le curé catholique de la région de Samara, Ulyanovsk et Penza, l’Irlandais Philip Andrews a, lui, déclaré à l’agence norvégienne qu’il informait chaque année les autorités du suivi des activités de la paroisse et du nom des prêtres de la paroisse et du diocèse. Seules les autorités de Samara, précise-t-il, ont demandé ces deux dernières années des détails concernant les paroissiens. Il a précisé qu’il avait refusé de donner les noms et autres détails concernant ses fidèles.
Quant au pasteur de l’Eglise baptiste de Samara, le pasteur Vitali Sobolev, il a déclaré qu’il avait compris que la liste des membres ne concernait que dix des responsables de l’Eglise, comme la loi russe le précise. «Je n’ai pas fait d’esclandre et juste donné la liste de dix membres», a-t-il déclaré.
L’archevêque orthodoxe Sergi Poletkin, de Samara et Syzran, tout en reconnaissant qu’»il faut maintenir l’ordre», a commenté la nouvelle en stipulant qu’une telle mesure ne doit pas être de mise «si cela viole les droits de l’homme et les libertés».
La communauté musulmane n’obtempérera pas non plus
Le représentant régional de la communauté musulmane, Minnakhmet Sagirov, pour sa part, a affirmé, selon l’agence norvégienne, que ses supérieurs n’avaient pas soumis les informations demandées et ne le feraient pas. Un fonctionnaire du département de justice de Samara, Aleksei Shashkov, a défendu la mesure à la télévision locale, en expliquant. «Nous ne comptabilisons pas ceux qui assistent à des cérémonies. Nous nous intéressons aux participants actifs des organisations religieuses. Nous n’entreprenons pas un registre de tous les paroissiens.»
Mais l’administration n’est pas toujours au courant. La responsable du bureau des organisations sociales et religieuses de Samara a déclaré qu’elle entendait parler de cela pour la première fois. «Nous avons juste besoin du nom de dix membres fondateurs d’une organisation religieuse, qui prennent les responsabilités légales «. Il est fait allusion à la loi de 1997 sur les activités religieuses en Russie, article 25, qui donne au département local de justice la compétence d’enregistrer les buts et activités des organisations religieuses, au moyen d’une charte. De plus, chaque année, selon l’article 8 de cette loi, l’organisation religieuse doit informer l’administration locale du suivi de ses activités, donnant des informations qui vont dans un registre central d’Etat. (apic/forum18/vb)




