Au Soudan et au Tchad, la foi aide à supporter guerre et misère

Wisconsin: Des missionnaires témoignent des conversions catholiques en Afrique

Green Bay, Wisconsin, 23 août 2004 (Apic) Des missionnaires comboniens en poste au Soudan et au Tchad observent un regain de la foi catholique. Deux tribus ennemies converties au catholicisme construisent ensemble une église, déclare même l’un d’entre eux.

Un prêtre sicilien et un Américain témoignent de la foi des Africains, aux prises avec la famine, la misère, et au Soudan, la guerre. «Vous allez dans un village où il n’y a que quelques chrétiens et vous trouvez la chapelle pleine», raconte le père combonien Peter Ciuciulla, qui a passé 12 ans comme prêtre au Tchad, pour une paroisse qui compte 120’000 catholiques, qu’il dessert, avec un autre prêtre.

Le père sicilien a demandé aux Tchadiens qui remplissaient la paroisse. «Pourquoi êtes-vous ici puisque vous n’êtes pas chrétiens?». Ces derniers répondant: «La parole de dieu que vous nous prêchez est pour tous, pas seulement pour les chrétiens».

Un autre prêtre missionniare, Dave Bohnsack, originaire du Wisconsin, qui a travaillé au Soudan pendant 8 ans, affirme que le christianisme change la façon d’agir des gens sur place. Il constate que lorsque deux tribus ennemies, voisines, se convertissent au catholicisme, elles cessent de se faire la guerre et construisent ensemble une église plutôt que séparément, comme cela se faisait auparavant. Il affirme que sa paroisse a environ 2’000 catéchumènes chaque année, qui deviennent catholiques en deux ans .

Les laïcs disent la messe, faute de prêtres

Les deux prêtres s’appuient essentiellement sur des laïcs, qui catéchisent les fidèles et font le service religieux du dimanche lorsqu’il n’y a pas de prêtres, c’est-à-dire presque chaque semaine.

Le père américain Dave Bohnsack a déclaré qu’avec deux prêtres africains, il s’occupait de 250’000 catholiques répartis dans 300 centres religieux. Les prêtres font parfois quelque 600 km pour rencontrer leurs paroissiens. Ces derniers marchent facilement 35 à 40 km pour assister à un service religieux ou pour recevoir la confession, qui se passe généralement sous un arbre, après que les gens aient attendu pendant 4 ou 5 heures.

Bien que les Africains souffrent de la faim, ils insistent pour offrir au prêtre un poulet ou même une chèvre, et un refus n’est pas de mise, racontent les deux missionnaires. Au Soudan et au Tchad, témoignent-ils encore, les hommes mangent les premiers, puis les femmes et finalement les enfants. Souvent il n’y a plus assez de nourriture pour eux, qui sont obligés de fouiller dans les détritus ou de piquer la nourriture qui reste dans les assiettes, au restaurant, pour avoir à manger.

«Ils ne blâment personne quand leurs récoltes sont détruites»

Outre la faim, la misère et la guerre, les Africains au Tchad et au Soudan contractent la malaria, le cholera ou des méningites, sans parler du sida, bien que dans une moindre mesure, en comparaison avec l’Afrique du sud et la Zambie, selon ces prêtres.

«Travailler au Soudan m’a rendu plus attentif au fait de vivre simplement. La foi des Africains, ajoute-t-il leur permet de ne blâmer personne pour le mauvais temps et les récoltes détruites. Alors qu’en Italie, aux Etats- Unis, d’où viennent les deux religieux catholiques, les gens se plaignent sans cesse. Ils devraient regarder ce qui se passe dans l’hémisphère sud».(apic/cns/vb)

23 août 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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