Demande de faillite de l’archidiocèse de Portland

Etats-Unis: Le diocèse de Fargo va fermer 33 paroisses d’ici 2010

Fargo, 25 août 2004 (Apic) Le diocèse rural américain de Fargo, dans l’Etat du Dakota du Nord, va fermer 33 paroisses d’ici 2010. La raison invoquée est le transfert et le déclin historique de la population dans certaines régions. De son côté, l’archidiocèse de Portland a demandé sa mise en faillite en raison de l’indemnisation de multiples cas d’abus sexuels commis par des prêtres.

Mgr Samuel J. Aquila, évêque de Fargo, a déclaré à la presse que les paroisses fermées se trouvent dans les parties rurales du diocèse, du côté oriental de l’Etat. Elles seront intégrées à leurs voisines plus grandes. L’agriculture est l’activité économique dominante du Dakota du Nord. 87% du sol est consacré aux cultures, notamment le blé. L’Etat, sur une superficie de 178’647 Km², compte une population de 634’448 habitants, dont 46,2% sont des ruraux. La capitale est Bismarck, et les principales villes sont Fargo et Minot.

Les 21 paroisses qui doivent être fermées l’an prochain toucheront directement 521 ménages, soit moins de 2% des 28’000 ménages du diocèse, et dans toutes les paroisses concernées d’ici 2010, ce ne sont que 798 ménages qui sont concernés, a déclaré l’évêque.

«Les changements au niveau de la population durant les 50 dernières années n’ont pas été prises en compte dans la restructuration de nos structures paroissiales», estime l’évêque Samuel Aquila dans une lettre pastorale sur la réorganisation du diocèse, intitulée «Apporter une vie nouvelle dans nos communautés de foi». L’évêque souligne que les décisions ont été prises à l’issue d’une longue étude pastorale. Les 159 paroisses actives dans le diocèse de Fargo ont étudié elles-mêmes la situation suite à une lettre pastorale publiée en juillet de l’an dernier par Mgr Aquila.

Protection du «chapitre 11» du Code américain des faillites pour Portland

L’archidiocèse de Portland pour sa part a demandé la protection du «chapitre 11» du Code américain des faillites le mois dernier. La faillite de l’archidiocèse demandée par l’archevêque John G. Vlazny pour pouvoir payer les cas d’abus sexuels commis par des prêtres a des conséquences au niveau des paroisses.

Le Père Thomas D. Yurchak, curé de la paroisse Saint-Jude, à Eugene, a demandé à ses paroissiens de prier leur saint patron. Jude est le saint des situations désespérées et il est censé aider à trouver des solutions. Cette paroisse a dû mettre aux oubliettes un projet d’extension en raison de la faillite demandée par l’archidiocèse de Portland. «Quand la situation sera un peu éclaircie, nous reconsidérons ce que nous ferons, a déclaré le prêtre, mais j’ai confiance qu’avec l’aide de Saint-Jude, nous réaliserons ce projet.»

Maintenir l’archidiocèse à flot devant la masse de demandes d’indemnisation

L’archidiocèse de Portland a demandé la protection de la faillite le 6 juillet pour faire face au paiement des nombreuses indemnités dues pour les cas d’abus sexuels commis par des prêtres diocésains. Il s’agit de maintenir l’archidiocèse à flot et de reporter toutes les grandes dépenses et les changements de propriété. C’est la cour fédérale des faillites qui contrôle désormais les comptes de l’archidiocèse. Cette façon de faire permet à Portland de maintenir les activités de l’archidiocèse, des paroisses et des écoles catholiques.

De l’avis de l’archevêque, cette façon de faire n’a pas pour but de fuir ses responsabilités. Il assure qu’en fait, c’est la seule solution pour offrir une compensation correcte à chacun des plaignants. Ces quatre dernières années, plus de 100 cas d’abus ont été indemnisés.

L’an dernier, Portland a payé près de 21 millions de dollars de ses propres fonds, tandis que les assureurs les plus importants l’ont laissé tomber et ne paient pas ce qu’ils devraient pour les cas déclarés. Ces derniers temps, deux cas sont devant la justice: un plaignant demande plus de 130 millions de dollars pour des indemnisations et des dommages punitifs, un autre 25 millions.

L’archidiocèse veut bien dédommager les victimes, mais il cherche des justes compensations, surtout si l’on tient compte qu’il y a encore 60 autres cas pendants. Les avocats des clients estiment qu’on peut prendre les biens de toutes les paroisses, écoles et autres fonds ecclésiaux charitables pour indemniser leurs clients. D’après le droit canon, les biens des paroisses leur appartiennent. L’archidiocèse n’a aucune intention de toucher à ces biens ni à ceux des oeuvres charitables. (apic/cns/be)

25 août 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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