Rome: Le cardinal Pompedda condamne les ingérences islamiques
Tout en émettant des réserves sur la politique «laïciste» française
Rome, 31 août 2004 (Apic) Le cardinal Mario Pompedda, préfet émérite du Tribunal de la Signature apostolique, a condamné les ingérences islamiques, tout en émettant de nouvelles réserves sur la politique «laïciste» française, dans un entretien publié le 31 août 2004 par «Il Corriere della Sera» .
Le cardinal Pompedda, préfet émérite du Tribunal de la Signature apostolique, condamne les ingérences islamiques. Il a cependant émis de nouvelles réserves sur la politique «laïciste» française.
Le cardinal s’exprimait sur le sort de Christian Chesnot et Georges Malbrunot, les deux journalistes français retenus en otage par «l’Armée islamique en Irak». Les deux hommes avaient appelé, dans une vidéo diffusée par Al-Jazira, à l’annulation de la loi française sur le voile, conformément à la demande de leurs ravisseurs. Dans un entretien publié le 31 août 2004 par «Il Corriere della Sera», le prélat italien déclare qu’ «une telle ingérence dans la vie d’un autre pays n’est pas acceptable», tandis que les ravisseurs ont donné un nouvel ultimatum de 24 heures à Paris, avant de tuer leurs prisonniers.
Droits ’marginaux’ et droits fondamentaux
Le cardinal a encore déclaré: «On ne comprend pas la logique d’une revendication ’islamique’ de droits marginaux pour les musulmans de France, alors que les droits fondamentaux des chrétiens et des membres des autres religions sont lésés dans de nombreux pays musulmans».
La loi interdisant le port du voile et des signes religieux ostensibles dans les écoles publique, votée au printemps dernier par le parlement français, entre en vigueur actuellement, avec la rentrée scolaire dans l’Hexagone.
Le juriste de la curie romaine, tout en condamnant la politique islamique, a cependant souligné son désaccord concernant la loi française.
De la laïcité au laïcisme
Pour le prélat, cette loi «s’inspire d’une conception de la laïcité tellement rigide qu’elle met en jeu la liberté des individus». «La question est délicate et complexe. Mais quand la laïcité est exaltée comme une valeur absolue, et qu’en son nom le droit des citoyens à exprimer leur appartenance religieuse, également par l’habillement, est limité, il faut se demander si on ne passe pas de la laïcité au laïcisme», a-t-il expliqué.
Si le cardinal Pompedda reconnaît que l’intention de cette loi qui vise, entre autres, à contrer le fondamentalisme, est «bonne», il considère les moyens utilisés à cette fin «excessifs». Il a ajouté: «Peut-être qu’on pouvait laisser aux autorités scolaires la responsabilité de filtrer les situations et les circonstances, sans donner une norme égale pour tous», a t-il suggéré. Pour le cardinal, «au nom de la laïcité, qui est synonyme de liberté, on en arrive à réduire une liberté concrète». (apic/imedia/vb)




