Un texte qui bannit résolument la langue de bois
Genève: La Caritas cantonale se dote d’une Charte
Genève, 16 septembre 2004 (Apic) Caritas Genève vient de se doter d’une charte. L’institution genevoise était jusqu’à ce jour la seule de toutes les Caritas cantonales à n’en pas posséder.
Fruit d’une longue réflexion à laquelle tous les collaborateurs de Caritas Genève ont participé, cette charte toute neuve veut être «la référence fondamentale de notre action, un guide journalier de notre travail dans un monde qui évolue si vite», explique François Membrez, membre du Bureau, dans l’éditorial du journal de Caritas du mois de septembre.
Changer les choses
Bannissant résolument la langue de bois, le document se divise en deux parties. La première «annonce la couleur» en décrivant d’emblée la mission de Caritas Genève comme «une contribution à la construction d’un monde dans lequel chaque être humain peut vivre dignement et où règnent l’amour, la fraternité, la liberté, la justice et le partage».
On y rappelle, par conséquent, et de façon très nette et tranchée, les divers choix sociaux et moraux sur lesquels l’institution fonde son action: respect des droits de l’homme, rejet des inégalités, du racisme et de la xénophobie, condamnation de la mondialisation.
Action libératrice
Dans la seconde partie du document, pas moins percutante que la première, Caritas Genève présente l’éthique de son engagement. On y rappelle notamment que l’institution accorde la priorité aux exclus et aux démunis; que ses collaborateurs considèrent chaque personne qu’ils reçoivent «non pas seulement à travers ses difficultés et sa détresse, mais aussi dans sa richesse, en tant que sujet unique» ; que leur but n’est pas de maintenir ces personnes dans leur état de précarité et d’exclusion, mais, au contraire, de les aider à redevenir autonomes; qu’il ne s’agit pas seulement pour Caritas Genève de soulager la détresse, mais de chercher à en comprendre les causes et à les dénoncer, ce qui suppose des prises de position publiques, «également dans le domaine politique».
Le document souligne l’engagement de l’institution pour que les sans- voix puissent s’exprimer « de manière libre, directe et créative dans la société ».
Une lutte globale au nom de l’Evangile
Inspirée d’un passage clé de la Constitution pastorale «Gaudium et Spes», la Charte de Caritas Genève, ratifiée par l’Assemblée générale du 27 mai 2004, a été élaborée en consultation avec les membres, notamment, du Comité de l’institution, dont Mgr Pierre Farine, évêque auxiliaire à Genève.
Commentant lui aussi la nouvelle charte dans le journal de Caritas du mois de septembre, l’évêque auxiliaire relève que la solidarité est l’une des tâches essentielles de l’Eglise, depuis sa fondation. Mais si la mission première de Caritas est de secourir le pauvre, elle a également une mission plus large, inscrite dans une lutte globale au nom de l’Evangile, relève encore Mgr Farine: «C’est le refus d’un ordre (ne faudrait-il pas parler de désordre) social qui fabrique des laissés-pour-compte de toutes sortes, c’est la lutte pour que les droits fondamentaux soient garantis à tous». (apic/gladys théodoloz/pr)




