L’Eglise catholique derrière les initiatives du président Lula
Rome: Soutien du Saint-Siège aux programmes contre la faim et la pauvreté
Rome, 22 septembre 2004 (Apic) L’Eglise catholique a toujours appuyé les initiatives contre la pauvreté et la faim dans le monde, a souligné le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, Angelo Sodano. Le prélat, présent au siège de l’ONU à New York, a assuré que l’Eglise se rangeait derrière un projet de sources alternatives de financement au développement, proposé par le président brésilien Lula.
Le cardinal italien participait à New York à une rencontre organisée par le président Luiz Inacio Lula da Silva. Dans son discours du 21 septembre adressé aux différentes délégations présentes, il a en outre souligné le besoin de financement des programmes contre la pauvreté, devant aussi prendre la forme d’investissements à long terme dans les pays défavorisés.
Le Saint-Siège «souhaite assurer à tous, les efforts de l’Eglise catholique pour éradiquer du monde le fléau» de la faim, a affirmé le cardinal Sodano aux représentants des gouvernements réunis au palais de Verre, siège new-yorkais de l’ONU. Il a en effet «toujours appuyé les nombreuses initiatives personnelles et collectives pour trouver une solution» à ce drame, a-t-il rappelé, citant «la vaste action humanitaire des institutions catholiques» dans le monde entier, et «surtout les missions dans les pays les plus pauvres».
Le haut prélat a alors ajouté que «le Saint-Siège avait adhéré aux initiatives des différents organismes de l’ONU, en particulier de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), du FIDA (Fonds international de développement agricole), et du PAM (Programme alimentaire mondial), directement impliqués dans les activités pour combattre la faim et l’insécurité alimentaire».
Le cardinal a en outre rappelé son adhésion au «compromis solennel de tous les chefs d’état et de gouvernement» retenu dans le Rapport du Sommet alimentaire mondial de 1996, puis dans la Déclaration du Millenium des Nations Unies, de 2000. Celle-ci demandait aux Etats Membres de s’engager avec plus de détermination dans la lutte pour l’élimination de la pauvreté, pour une protection plus efficace de l’environnement et pour une répartition plus équitable des bénéfices de la globalisation.
Mais si une alliance contre la faim dans le monde s’est ainsi mise en place, le secrétaire d’Etat du Saint-Siège en a relevé les limites. Pour lui, s’il est important de répondre à l’urgence de la faim et de la soif, le problème est «beaucoup plus vaste». La lutte contre la pauvreté doit en effet prendre la forme d’investissements «dans le capital humain des populations locales» (plus spécifiquement dans les domaines de l’éducation et de la santé), «de transferts des technologies appropriées», et «de garantie de l’équité dans le commerce international».
Pour des sources alternatives de financement au développement
Le cardinal Sodano a par ailleurs souligné le défaut du fonds pour le financement du programme de sécurité alimentaire mondial, et encouragé une nouvelle recherche «pour augmenter les disponibilités» et «pour examiner les sources alternatives de financement au développement», elle-même suggérée par la Charte du président du Brésil adressée à Jean Paul II le 25 juin 2004. «Il faut rappeler à tous les pays ayant adhéré au compromis que l’aide publique pour le développement doit correspondre à 0,7% de leur PIB. Plus tard, ils pourront aussi développer les formes innovantes qu’ils entendent présenter maintenant», a-t-il poursuivi. «Le Saint-Siège, pour sa part, y donnera son appui», a-t-il conclu.
Le cardinal Angelo Sodano, qui s’est rendu à New York pour la rencontre pour le lancement «d’une action contre la faim et la pauvreté» à la veille de l’ouverture des débats à l’Onu, y était aussi pour recevoir le prix «Path to Peace 2004» pour son action personnelle en faveur de la paix dans le monde. (apic/imedia/bb)




