S’engager dans la société civile et dans la vie politique de leur pays

Italie: Message de Jean Paul II aux participants aux Semaines sociales italiennes

Bologne, 8 octobre 2004 (Apic) Jean Paul II a appelé les participants aux Semaines sociales italiennes à s’engager dans la société civile et dans la vie politique de leur pays. Le pape a par ailleurs insisté sur la notion de démocratie, à l’occasion de cette rencontre annuelle qui a lieu cette année du 7 au 10 octobre à Bologne, et dont le thème est «La démocratie: nouveaux scénarios, nouveaux pouvoirs».

Jean Paul II a adressé son message dans la soirée du 7 octobre au président de la Conférence épiscopale italienne, le cardinal Camillo Ruini. Les catholiques sont invités «à s’engager pour rendre la société civile vive et dynamique, avec la promotion de la famille, du mouvement associatif, du volontariat» s’opposant ainsi aux limites et aux conditionnements imposés par le pouvoir politique et économique, a écrit le pape aux quelque 1’500 participants aux Semaines sociales italiennes. «Ils doivent aussi reconsidérer l’importance de l’engagement dans les fonctions publiques et institutionnelles, dans les environnements où se forgent des décisions collectives significatives, et dans celui de la politique», a-t- il ajouté.

«On ne peut en effet oublier que la connaissance et la mise en pratique de la doctrine sociale de l’Eglise sont propres à la vocation du fidèle laïc et, de ce fait, également la participation à la vie politique du pays, selon les méthodes et les instruments du système démocratique», a poursuivi le souverain pontife.

Le pape pointe le doigt sur le relativisme

Pour le pape, si la démocratie et la liberté politique sont bien ancrées dans la conscience collective en Italie, des risques et des menaces à son égard «peuvent dériver de certains courants philosophiques, de visions anthropologiques ou de conceptions politiques» fondés sur des «préconçus idéologiques». Il a ainsi cité en exemple «la tendance à retenir le relativisme comme attitude de penser répondant le mieux aux formes politiques démocratiques, comme si la connaissance de la vérité et y le fait d’y adhérer constituait un obstacle».

«Si l’action politique ne se confronte pas à une instance éthique supérieure, éclairée par une vision intégrale de l’homme et de la société, elle finit par être asservie à des fins inadéquates, sinon illicites», a alors relevé le pape. «La vérité, à l’inverse, est le meilleur antidote contre les fanatismes idéologiques, dans le cadre scientifique, politique, ou religieux», a-t-il souligné, faisant référence «au message évangélique».

«Comme experts des disciplines sociales et comme chrétiens, vous êtes appelés à jouer un rôle de médiation et de dialogue entre idéaux et réalités concrètes», a encore déclaré Jean-Paul II. «Un rôle qui est parfois aussi celui de pionnier parce qu’il vous est demandé d’indiquer de nouvelles pistes et de nouvelles solutions pour affronter de façon plus équitable les problèmes brûlants du monde contemporain», a-t-il précisé.

Entendre la réflexion sur le système démocratique

«La réflexion sur le système démocratique d’aujourd’hui ne peut se limiter à considérer seulement les systèmes politiques et les institutions, a encore expliqué le pape, mais elle doit élargir l’horizon aux problèmes posés par le développement de la science et de la technologie, à ceux induits par le secteur de l’économie et de la finance et par l’extension de la globalisation, aux nouvelles règles pour le gouvernement des organisations internationales, aux interrogations posées par le développement croissant et rapide du monde de la communication, pour élaborer un modèle de démocratie authentique et complet».

«La démocratie doit pivoter sur le concept que la personne a toujours une dignité propre et ne peut jamais être réduite à un moyen», a pour sa part déclaré le cardinal Camillo Ruini, lors de son intervention. «Une adhésion à des courants politiques s’opposant et ne prêtant pas suffisamment d’attention à la doctrine sociale de l’Eglise sur la personne et sur le respect de la vie humaine, sur la famille, sur la liberté scolaire, la solidarité, la promotion de la justice et de la paix n’est pas envisageable pour les catholiques», a-t-il encore affirmé.

Le président de la Conférence épiscopale italienne a par ailleurs souligné que «c’était une grande erreur ou un grand malentendu que de mettre l’Eglise en opposition avec le développement de la science».

Des délégués diocésains, ainsi que des experts et des représentants de mouvements et d’associations catholiques, participent à cette 44e Semaine sociale italienne. Ils ont été reçus par l’archevêque de Bologne, Mgr Carlo Caffara. (apic/imedia/ar/bb)

8 octobre 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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