Rome: Propositions pour les Eglises locales à l’occasion de l’Année eucharistique
«Année de l’Eucharistie, suggestions et propositions»
Rome, 8 octobre 2004 (Apic) «Année de l’Eucharistie, suggestions et propositions» est le titre du document qui sera publié le 15 octobre par la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, a annoncé son secrétaire, Mgr Domenico Sorrentino, le 8 octobre. Son préfet, le cardinal Francis Arinze, est revenu sur la nouvelle lettre apostolique de Jean Paul II «Mane nobiscum Domine» (Reste avec nous, Seigneur), qu’il a définie de «guide» pour l’Eglise à l’occasion de cette année spéciale, lors d’une conférence de presse au Vatican.
«Année de l’Eucharistie, suggestions et propositions», tel est le titre du document, «sans grande prétention» mais «offert aux Eglises particulières» pour les aider au début de cette année spéciale, qui sera publié par la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements le 15 octobre 2004, a déclaré à la presse son secrétaire.
S’»il revient aux pasteurs des Eglises locales d’élaborer leurs initiatives spécifiques», «la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des sacrements offrira des suggestions et des propositions utiles», a pour sa part précisé le préfet de la Congrégation. «Le pape ne demande pas des choses extraordinaires mais plutôt que toutes les initiatives soient marquées par une grande profondeur spirituelle. La priorité doit être donnée à la messe dominicale et à l’adoration eucharistique hors de la messe», a-t-il aussi fait remarquer, faisant allusion à la nouvelle lettre apostolique «Mane nobiscum Domine» qui insiste sur ces deux points.
«L’année de l’Eucharistie doit conduire les communautés diocésaines et les paroisses à s’intéresser particulièrement aux différentes formes de pauvreté dans le monde, comme la faim et la maladie -spécialement dans les pays en voie de développement- la solitude des personnes âgées, le chômage et la souffrance des immigrés», a encore déclaré le cardinal Arinze. «Ce critère de charité sera le signe de l’authenticité de nos célébrations eucharsitiques», a-t-il affirmé.
Pour le cardinal nigérian, dans la lettre apostolique «Mane nobiscum Domine» adressée par le pape aux évêques, au clergé et à tous les fidèles afin de les aider vivre cette année de l’Eucharistie, et invitant l’Eglise à «reprendre en main l’Encyclique «Ecclesia de Eucharistia» du 17 avril 2003», «nous trouvons notre guide, la lumière qui nous illumine, notre étoile, l’encouragement et l’indication de notre chemin» pour cette année spéciale de l’Eucharistie.
L’Eucharistie, Christ réellement et substantiellement présent
«Le mystère eucharistique est la racine, le fondement, et le secret (.) de chaque initiative de l’Eglise locale», a-t-il alors rappelé, argumentant les propos du pape. «L’Eucharistie est le Christ réellement et substantiellement présent. Ce mystère doit être célébré avec grande foi, selon les normes liturgiques établies», a souligné l’auteur de «Dignitatis Sacramentum», instruction sur les normes eucharistiques publiée courant 2004. Il a aussi évoqué l’attitude respectueuse à adopter dans les églises.
«Nos façons de célébrer la messe doivent manifester notre prise de conscience de la présence réelle du Christ. Les moments de silence ne doivent pas être oubliés», a encore résumé le prélat. Il y a également ajouté les «longues périodes d’adoration de Jésus présent dans le tabernacle», «l’adoration du Saint-Sacrement hors de la Messe», la méditation biblique et centrée sur le Christ, la procession lors de la fête du Corps et du Sang du Christ, auxquels les paroisses et communautés religieuses devront donner une importance particulière cette année. «L’Année de l’Eucharistie qui commence est un temps propice pour étudier attentivement l’agencement général du Missel romain dans sa troisième version et nourrir les fidèles avec une riche catéchèse», a encore suggéré le prélat.
«Beaucoup peut être fait» autour de ce sacrement, a-t-il aussi affirmé. «Les congrégations et les monastères peuvent décider d’une heure de plus d’adoration par semaine, les universités peuvent faire intervenir des professeurs sur le thème du mystère eucharistique», a-t-il donné en exemple. «La messe nous envoie évangéliser la famille, la politique, le marché, l’école, l’hôpital, ceux qui travaillent dans les hôtels et sur les avions», a-t-il aussi affirmé, «c’est très dynamique».
Le pape invente régulièrement une nouvelle année spéciale
«Le pape a de l’imagination, il invente régulièrement» une nouvelle année spéciale, a pour sa part fait remarquer Mgr Sorrentino, mais c’est «une imagination bien organisée, qui a une structure de fond, un ordre logique, et est présidée par un motif pastoral». Cette clef de lecture «permet d’interpréter le sens du texte, qui lui-même définit une année de synthèse, sorte de sommet d’un chemin parcouru», a-t-il déclaré, en faisant référence à la Lettre apostolique publiée le jour-même.
«Il y a trois grandes préoccupations de fond qui émergent des initiatives du pape de ces dernières années, et sur lesquelles il décline sa stratégie et son savoir» a-t-il continué, précisant que le pape était un pasteur cherchant à rencontrer l’Eglise. La première préoccupation, est celle «de repartir du Christ». La tentation de notre temps étant celle de diminuer la figure du Christ, il veut donc souligner «l’importance que l’Eglise se fasse porteuse du mystère du Christ», a-t-il justifié. La seconde est celle «du primat de la contemplation», car le Christ «se connaît et se rencontre» quand il est contemplé de façon authentique. La troisième enfin est celle de «l’urgence du vécu ou du témoignage», le pape appelant à la traduction de ce que vit l’Eglise en un témoignage.
«Jean Paul II ne demande pas des choses extraordinaires mais que tout soit imprégné de profonde intériorité», a pour sa part fait remarquer Mgr Piero Marini, maître des célébrations pontificales. «L’année de l’eucharistie n’est pas une occasion pour célébrer des cérémonies particulières, il ne s’agit pas d’organiser des événements parallèles, mais de participer plus intensément au mystère du Christ que l’Eglise nous fait vivre à travers les célébrations de l’année liturgique», a-t-il encore précisé, relevant les nombreuses cérémonies présidées par le pape au long de l’année.
Longue liste d’initiatives prises par le diocèse du pape
Mgr Mauro Parmeggiani, secrétaire du vicariat de Rome, intervenant finalement sur les initiatives prises par le diocèse du pape, à l’occasion de l’Année Eucharistique, en a alors énoncé la longue liste. Il a ainsi cité l’heure d’adoration eucharistique des jeunes avec le pape du 17 mars 2005 place Saint-Pierre – le jeudi précédant la messe des rameaux – l’ouverture dans le centre historique de Rome d’églises proposant l’adoration permanente du Saint Sacrement ainsi que celle dans les basiliques majeures d’une chapelle où l’adoration eucharistique sera possible avec l’accompagnement d’une congrégation et l’ouverture d’une école d’évangélisation pour les jeunes. Il a également expliqué qu’une attention particulière sera donnée aux pauvres et aux «nouveaux pauvres», comme les familles désunies ou exilées, dans les paroisses, et que l’accent sera mis sur le sacrement de l’eucharistie dans les catéchèses faites aux enfants, comme aux adolescents et aux adultes.
En 26 ans, Jean Paul II a été à l’initiative de deux Jubilés, de celui de 1983 sur la Rédemption, et du grand Jubilé de l’an 2000 précédé de trois années de préparation, chacune centrée sur une des personnes de la Trinité – fils, esprit et père – respectivement associées aux vertus théologales de la foi, de l’espérance et de la charité. Le pape polonais a également lancé jusqu’ici trois années spéciales, l’année mariale en 1987, l’année de la famille en 1993, et l’année du rosaire en 2002. L’année internationale de l’Eucharistie commencera avec la clôture du Sommet de Guadalajara le 17 octobre 2004 et prendra fin lors du Synode des évêques en octobre 2005. (apic/imedia/ar/bb)




