Rome: Rejet par la Commission européenne de la candidature du catholique Buttiglione
Le cardinal Francesco Pompedda parle de «discrimination»
Rome, 12 octobre 2004 (Apic) Le cardinal Pompedda qualifie de discriminatoire le rejet par la Commission européenne de la candidature du catholique Buttiglione au poste de commissaire européen. Pour le préfet émérite du Tribunal de la Signature apostolique, nous sommes là «devant un excès de laïcisme».
Le cardinal Pompedda qualifie d’acte de discrimination le rejet par la Commission des libertés civiles du Parlement européen de la candidature du catholique italien Rocco Buttiglione, ministre des affaires européennes de Berlusconi, au poste de commissaire européen à la justice et aux affaires intérieures, le 11 octobre 2004. Le préfet émérite du Tribunal de la Signature apostolique a déclaré le jour suivant au quotidien La Stampa que ce n’était pas «le seul signe préoccupant venant de l’Europe», et que nous étions «devant un excès de laïcisme».
«C’est une discrimination et ce n’est malheureusement pas le seul signe préoccupant venant de l’Europe», a expliqué le prélat italien, interrogé sur le refus de la candidature au poste de commissaire européen, d’un catholique ayant clairement exprimé ses convictions. «Je ne vois pas pour quelle raison celui qui professe sa foi catholique et affirme ses propres idées ne peut pas être en mesure d’assurer la charge de commissaire de l’Union européenne», a-t-il poursuivi. «Nous sommes devant un excès de laïcisme», a lancé le prélat, ajoutant que rejeter un candidat commissaire pour ses idées relevait d’une discrimination dangereuse. Et ce, d’autant «qu’un commissaire n’a pas le pouvoir d’imposer une loi ou une norme, mais doit se tenir au décisions collégiales de la Commission ou du Parlement».
L’homme politique italien s’était déclaré contre le mariage homosexuel
Le prélat, à qui l’on suggérait que les affirmations contre le mariage homosexuel du politicien avaient déplu, a répondu: «Si ce critère passait, alors ceux qui ont des idées opposées ne pourraient pas non plus être nommés. Cela semble être une attaque de front envers les catholiques», a encore affirmé le cardinal, citant également en exemple le cas d’aumôniers français portant la soutane, qui s’étaient vus, pour cette raison refuser l’entrée dans certaines écoles publiques, ou la polémique autour du voile porté par des religieuses dans les écoles allemandes.
Les socialistes, les libéraux, les verts, et les communistes reprochent ses positions «conservatrices» au ministre italien catholique. «L’homosexualité est sans doute un péché» et «beaucoup de choses peuvent être immorales sans être un crime», font partie des dernières déclarations de Rocco Buttiglione. Pour lui, «on ne renonce pas à avoir des convictions morales quand on fait de la politique».
Risque de crise au sein du parlement européen
Le ministre des affaires européennes de Berlusconi devait prendre le poste de commissaire européen et de vice-président de la Commission européenne le 1er novembre prochain. Lors d’un vote à huis clos, les eurodéputés ont manifesté leur désaccord, en émettant un avis négatif quant à sa nomination. Le parlement n’avait jusqu’ici jamais rejeté de candidature. Le vote au sein de la Commission parlementaire n’a toutefois pas de valeur juridique, les eurodéputés devant donner leur confiance à l’ensemble à la Commission européenne, par un vote prévu le 27 octobre. D ’ici là, le futur président portugais de la Commission pourrait retirer la candidature de l’Italien. Si tel n’était pas le cas, les eurodéputés pourraient fermer les yeux en approuvant la Commission dans son ensemble. Ils pourraient aussi la sanctionner par un rejet de la Commission, ce qui signifierait une grave crise au parlement européen. (apic/imedia/ar/vb)




