Bulgarie: Des dissidents de l’Eglise orthodoxe demandent «l’asile politique»
La querelle avec le patriarche Maxime rebondit
Sofia, 14 octobre 2004 (Apic) Quarante et un membres d’un groupe dissident de l’Eglise orthodoxe bulgare ont adressé une demande d’asile politique aux ambassades des pays membres de l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord) et de l’Union européenne (UE) à Sofia, capitale de la Bulgarie. Avec cette démarche, c’est la querelle avec le patriarche Maxime qui rebondit.
Selon le quotidien en langue bulgare «Standart», que cite l’Agence oecuménique ENI, à Genève, cette demande a été faite vers la fin du mois de septembre. Les dissidents sont membres d’un «Synode alternatif» opposé au patriarche Maxime, responsable de l’Eglise orthodoxe bulgare qu’ils accusent d’avoir collaboré avec l’ancien gouvernement communiste.
Les tensions entre l’Eglise du patriarche Maxime et le Synode alternatif ont éclaté dans la nuit du 20 juillet lorsque la police, agissant sur les ordres du gouvernement bulgare, à la demande du patriarche Maxime, dit-on, a «libéré» quelque 250 églises alors occupées par le groupe dissident.
Parmi les 41 membres ayant demandé l’asile politique se trouvent une figure importante du Synode alternatif, Kamen Barakov, et plusieurs de ses partisans qui affirment que le patriarche ne devrait pas être à la tête de l’Eglise car, disent-ils, il a été nommé en 1971 avec la complicité du gouvernement communiste.
Kamen Barakov, interviewé par «Standart», a déclaré avoir présenté une demande d’asile politique parce qu’»en Bulgarie, nos droits politiques, religieux et humains ont été violés».
La plupart des ambassades de l’OTAN et de l’UE à Sofia n’ont pas répondu aux demandes des médias concernant les demandes d’asile. La porte- parole de l’ambassade du Royaume-Uni a seulement accepté de «confirmer qu’il y a eu une demande. Mais comme l’ambassade ne donne pas de précisions sur les questions consulaires concernant les visas, je ne peux pas être plus précise à ce sujet.»
Par ailleurs, les résidents vivant près d’une des églises de Sofia ont mis en place un groupe d’action civique pour réclamer le départ des prêtres du Synode alternatif, qui ont monté une tente devant l’église après leur expulsion. Les résidents se plaignent des nuisances occasionnées par leur présence et des perturbations pour le trafic des piétons. (apic/eni/pr)




