Thaïlande: Les catholiques souhaitent développer une «Eglise participative»
Renforcer le rôle des laïcs
Bangkok, 19 octobre 2004 (Apic) Pour susciter un nouvel élan pastoral, l’Eglise catholique de Thaïlande souhaite développer les « communautés ecclésiales de base» (CEB). Elle inaugure ainsi «une nouvelle manière d’être Eglise» rapporte «Eglises d’Asie».
Dans un pays très majoritairement bouddhiste où les catholiques sont un peu moins de 300’000, soit 0,46 % de la population, l’objectif est de susciter un nouvel élan pastoral en donnant toute leur place aux laïcs.
Selon le père Thinaratana Komkris, responsable du Service national de pastorale de la Conférence des évêques, cette démarche ne va pas sans difficultés. Le père Komkris précise que l’objectif des évêques est de promouvoir «une Eglise participative» pour «bâtir une vraie communauté chrétienne» et répondre ainsi au plan pastoral arrêté pour les années 2000- 2010.
A l’exemple des premières communautés chrétiennes
Pour le père Thinaratana Komkris, la volonté de mettre sur pied des CEB a pris un tour concret à l’occasion d’un voyage d’études récemment organisé auprès de l’Eglise catholique de Malaisie. Du 17 au 25 septembre dernier, une délégation de 51 personnes, des prêtres, des religieuses et des laïcs venus de neuf des dix diocèses thaïlandais, a parcouru la Malaisie, de Kota Kinabalu en Malaisie orientale jusqu’à l’archidiocèse de Kuala Lumpur. Dans un contexte certes différent, la Malaisie étant un pays à majorité musulmane, les délégués thaïlandais ont observé les méthodes et façons de faire des catholiques malaisiens.
Le dernier jour, a raconté le père Thinaratana, les participants ont mis en commun leurs découvertes et leurs impressions et ont conclu qu’ils avaient à s’inspirer de ce qu’ils avaient vu pour «vivre davantage en disciples du Christ à l’exemple des premières communautés chrétiennes». Cependant, le père Thinaratana estime que «la prédominance du clergé» dans l’Eglise de Thaïlande est pour l’heure le principal obstacle à une telle réforme. Les prêtres n’apprécient pas nécessairement «la nouvelle manière d’être Eglise», pas plus que la vision d’une Eglise participative. Changer leur état d’esprit «ne sera pas facile», estime-t-il. (apic/egas/rz)




