L’armée reconnaît ses responsabilités
Chili: Crimes sous Pinochet: une première
Santiago, 5 novembre 2004 (Apic) Le chef de l’armée chilienne, le général Juan Emilio Cheyre, a assumé vendredi pour la première fois la responsabilité institutionnelle des crimes commis sous la dictature militaire d’Augusto Pinochet (1973-1990), estimant qu’il s’agissait de «faits punissables et moralement inacceptables».
Dans un document intitulé «Armée chilienne: la fin d’une vision», publié par le quotidien La Tercera, le général Cheyre indique que «l’armée chilienne a pris la dure, mais irréversible décision d’assumer les responsabilités qui lui correspondent comme institution dans les faits punissables et moralement inacceptables du passé».
Jusqu’à présent, les prédécesseurs du général Cheyre soutenait que les assassinats, tortures et disparitions commis sous la dictature, qui a fait plus de 3’000 victimes, s’expliquaient par des «excès» et des «responsabilités individuelles».
Par le mépris
Dans son texte, le chef militaire estime que les crimes de la dictature ne peuvent pas se justifier malgré l’ambiance de confrontation que vivait le Chili à l’époque.
Cette prise de position intervient alors que l’ancien dictateur Augusto Pinochet est dans l’attente de la décision d’un juge pour savoir s’il va être jugé ou non pour ses responsabilités dans les crimes de l’Opération Condor, un programme conjoint des dictatures militaires sud- américaines dans les années 1970 et 1980 pour éliminer leurs opposants. Pinochet a toujours traité par le mépris les questions relatives à cette funeste période, aux massacres, aux tortures et aux «disparitions». (apic/ag/pr)




