Une trentaine de postes supprimés entre 2000 et 2005 à l’EERV

Vaud: Coupes budgétaires du canton et Eglise réformée

Déo Negamyimana, Agence Apic

Renens, 8 novembre 2004 (Apic) Une réunion qui a eu lieu le 5 mai au Centre paroissial de Renens avec les pasteurs Antoine Reymond et Pierre Farron a permis d’informer les paroissiens protestants présents des coupes budgétaires imposées par le canton à l’EERV. Celles-ci se traduiront par des suppressions de postes d’ici 2006.

Au menu de la soirée au Centre paroissial de Renens le 5 mai: information sur les coupes budgétaires du canton de Vaud et leurs conséquences sur l’Eglise évangélique réformée vaudoise. Notamment la diminution de pasteurs et de diacres. Animateurs de la soirée, les pasteurs Antoine Reymond et Pierre Farron, respectivement membre permanent du Conseil synodal et membre de l’association des pasteurs et diacres, ont appelé les fidèles à ne pas seulement se lamenter mais aussi et surtout à mettre en avant les tâches de l’Eglise, méconnues aux yeux des pouvoirs publics.

A l’origine, la soirée était prévue pour informer les citoyens de l’Ouest lausannois à propos de la votation du 28 novembre sur les restrictions budgétaires. Le Tribunal fédéral ayant accordé l’effet suspensif sur le recours de deux députés, la votation n’aura pas lieu. Il n’empêche : «votation ou pas, le canton ne recule pas devant les mesures d’assainissement financier, étant acculé à des déficits chroniques avec ses neuf milliards de dettes», a fait remarquer le pasteur Antoine Reymond.

Le canton reste en bonnes relations avec l’Eglise

L’objectif du canton de Vaud est de supprimer 300 postes de fonctionnaires d’ici 2006. L’EERV est touchée à travers ses postes de pasteurs et diacres. Vient ensuite ce que l’exécutif vaudois appelle «mesures d’économie». On y trouve deux trains de mesures. Le premier est évalué à 3 millions 100’000 pour les deux Eglises, catholique et protestante. Dont 1 million 850’000 pour l’Eglise protestante et 1million 250’000 pour l’Eglise catholique. Le second train de mesures est en cours de négociation entre les syndicats de la fonction publique et le Conseil d’Etat. Il vise à baisser de 2% les salaires financés par l’Etat, qui sont supérieurs à 60 000 francs par an.

Pour le moment, le pasteur Reymond demande aux protestants de ne pas prendre ces mesures comme une tentative de l’Etat de vouloir se séparer de l’Eglise protestante. «Nous restons toujours en bonnes relations avec le pouvoir vaudois», a rassuré le représentant du Conseil synodal. De l’avis des participants présents à Renens, le Conseil d’Etat est en train de dépasser les limites. Les effectifs de l’EERV ont diminué de 9% en 2’000 et diminueront de plus de 5% en 2005. Ce qui va entraîner la liquidation d’encore une quinzaine de postes à plein temps d’ici 2005/06. Soit une trentaine de postes entre 2’000 et 2’005.

Les fidèles vont-ils bientôt devoir payer les pasteurs?

Comme pour apaiser le climat, le pasteur Farron interviendra pour mettre en exergue les points forts qui restent à son Eglise. Ainsi a-t-il insisté sur le fait que dans le canton de Vaud, chacun a encore la chance d’avoir un ministre qui habite sa région, disponible pour célébrer gratuitement des mariages dans le lieu choisi par les conjoints, et des baptêmes personnalisés.

«Nous avons, a-t-il ajouté des pasteurs qui visitent de nombreuses personnes en difficulté, âgées ou isolées. Le catéchisme est attrayant et bien suivi. Les familles demandent une éducation religieuse de qualité dans un monde exigeant. Chacun peut facilement solliciter les services de notre Eglise, qu’il soit pratiquant ou non, croyant ou hésitant, riche ou pauvre, jeune ou vieux.Sans compter nos 10’000 bénévoles.» Autant de valeurs sur lesquelles les deux pasteurs ont insisté pour faire comprendre que l’Eglise réformée reste une Eglise vivante.

Malgré l’optimisme des invités, il est clairement apparu que les fidèles réformés sont passablement découragés par les mesures d’économie mises en route par le conseil d’Etat. «Les paroissiens donnent déjà à de nombreuses oeuvres. Ils sont aussi sollicités pour couvrir les frais de fonctionnement. Vont-ils bientôt devoir payer les pasteurs?», pouvait-on entendre dans les discussions. (apic/dng/vb)

9 novembre 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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