Sur fond de crise économique

Chine: Combats mortels entre communautés ethnico-religieuses

Pékin, 15 novembre 2004 (Apic) Des conflits armés entre les Hui musulmans et les Han de tradition confucianiste font rage depuis début novembre dans le sud de la Chine. Les affrontements, dont les causes restent floues, ont fait au moins sept morts.

Les autorités chinoises ont décrété la loi martiale et dépêché près de 10’000 membres de la police armée populaire dans la province du Henan pour juguler des explosions de violence intercommunautaires sans précédent, rapporte le quotidien français L’Humanité. Début novembre, les incidents s’étaient multipliés entre les Han (traditionnellement confucianistes et représentant 90% de la population chinoise) et les Hui (musulmans et représentant moins de 1% de la population du pays). Dans le Henan, les Hui sont 900’000 sur une population totale de 95 millions.

Le bilan des combats est très difficile à déterminer, la presse n’ayant pas accès à la zone sous surveillance de l’armée. Le gouvernement chinois a admis 7 morts. Le New York Times, qui a révélé l’affaire, a brandi le nombre de 148 victimes. Des sources locales parlent d’une vingtaine de tués.

Un terrain fertile pour l’irruption de la violence

Les causes directes du conflit sont également floues. On sait qu’une altercation mineure entre membres des deux communautés a provoqué une réaction en chaîne qui a débouché sur ces sanglants affrontements. L’altercation a en effet entraîné la mobilisation des membres des deux communautés qui ont commencé à se battre avec des outils agricoles. L’attaque d’un village Hui par des milliers de Han a fait affluer des villages voisins d’autres Hui venus pour défendre leur «frères».

Si l’on en croit les témoignages émanant des deux parties, les tensions interethniques étaient depuis longtemps très vives. Contrairement aux Ouïgours, une ethnie musulmane de l’ouest de la Chine, les Hui n’ont pas de revendication nationale et ne s’étaient jusqu’à maintenant jamais engagés dans des actions violentes. Rien, sauf la religion ne les distingue de leurs voisins. Selon le journal L’Humanité, la dégradation des conditions économiques dans cette région rurale de la Chine pourrait ne pas être étrangère à cette explosion de violence intercommunautaire. (apic/huma/rz)

15 novembre 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 1  min.
Partagez!