Confirmation, après l’invitation faite par les évêques irlandais

Irlande : Le gouvernement irlandais approuve l’idée d’une visite du pape en Irlande

Rome, 16 novembre 2004 (Apic) Les autorités irlandaises ont exprimé leur approbation à une visite du pape Jean Paul II, ont indiqué à l’Apic des sources diplomatiques au Vatican. Un voyage qui pourrait se faire en 2005. Si la santé du pape le permet.

Si les autorités politiques irlandaises, contrairement aux évêques catholiques de ce pays, n’ont pas encore officiellement invité Jean Paul II à se rendre en Irlande pour le 25e anniversaire de sa première visite dans l’île, elles ont néanmoins exprimé leur approbation à une telle visite. Le ministre irlandais des affaires étrangères, Dermot Aherne, venu à Rome à l’occasion du 75e anniversaire de l’instauration des relations diplomatiques entre la République d’Irlande et le Saint-Siège, a rencontré le pape le 13 novembre 2004, juste avant d’annoncer au corps diplomatique réuni à l’ambassade d’Irlande près le Saint-Siège la mise en place d’une structure de dialogue entre le gouvernement et les Eglises de son pays.

« L’invitation officielle vient des évêques, c’est le protocole ; les évêques invitent et le gouvernement soutient l’invitation », a confié un diplomate irlandais à I’Apic. « Les évêques catholiques ont invité le pape. Notre ministre des Affaires étrangères, qui était à Rome samedi, nous a dit qu’il avait parlé au pape et qu’il lui avait dit que le gouvernement et le peuple d’Irlande accueilleraient volontiers une telle visite ».

Interrogé sur la probabilité de ce déplacement que les Irlandais envisagent pour le printemps 2005, le diplomate a répondu « je crois que le souhait de Jean Paul II est d’y aller, mais c’est toujours très délicat ; cela dépend vraiment de sa santé ». Il a aussi rappelé que toutes ces décisions devaient « être prises les unes après les autres, notamment avec les évêques, et que c’était au Vatican d’annoncer officiellement » un tel voyage.

En Ulster également

Si Jean-Paul II – qui s’est rendu en Irlande du Sud en septembre 1979 alors que l’Irlande du Nord était en pleine guerre civile, – devait y retourner, « il pourrait aussi se rendre en Ulster, à Armagh, a encore suggéré notre interlocuteur, ce qui impliquerait donc aussi le gouvernement britannique ».

Armagh où réside l’archevêque Mgr Sean Brady, primat d’Irlande et président de la Conférence épiscopale, est en effet « la capitale ecclésiastique de l’île depuis toujours ». Car « il ne faut pas oublier que toutes les Eglises en Irlande, soit les Eglises catholique – qui représente 75% de la population – presbytérienne, anglicane et méthodiste sont organisées sur toute l’île de l’Irlande ».

Le 13 novembre le ministre des Affaires étrangères d’Irlande ayant annoncé à Rome la mise en place d’une structure de discussion entre les Eglises et l’Etat irlandais, le diplomate a encore expliqué que son gouvernement voulait respecter « l’article 52 de la Constitution européenne, qui se réfère au dialogue entre l’Union européenne et les Eglises ou les organisations morales ».

« Nous avons décidé d’appliquer l’article au sein de notre propre pays en y mettant en place une structure pour le dialogue entre le gouvernement et les Eglises ». « Jusqu’ici le dialogue se faisait Ad hoc : les Eglises en Irlande ont pris part à certaines consultations, comme à la discussion publique majeure sur l’avenir de l’Union européenne, appelée ’Forum pour l’Europe’; de temps en temps, elles venaient parler au gouvernement de sujets particuliers », a-t-il encore affirmé. Le diplomate a aussi rappelé que son Etat était « laïc, avec la liberté de religion, et qu’il y avait une référence à Dieu dans le préambule dans leur Constitution ».

Modèle français ?

« Nous voulons aller vers un dialogue plus régulier et plus défini », a-t- il encore affirmé, ne cachant pas que l’Irlande allait s’inspirer du modèle français. « Dans les prochains mois, le gouvernement va donc inviter les Eglises à soumettre leurs idées sur le type de structure et sur l’agenda que nous devrions adopter ». Il a aussi souligné la présence des juifs et la croissance en nombre de la population musulmane déjà significative en Irlande.

Le diplomate a aussi rappelé que le Premier ministre, Bertie Ahern, présent à Rome pour la signature de la Constitution européenne le 29 octobre dernier, s’était rendu « à l’ambassade d’Irlande près le Saint-Siège et auprès des sept églises de Rome en lien avec notre pays », soulignant ainsi « l’importance du rôle de l’Eglise catholique dans la société irlandaise ». L’ambassade d’Irlande près le Saint-Siège a été établie en 1929, peu de temps après la proclamation de l’indépendance de la République, en 1922.

Quant au ministre des Affaires étrangères, lors de sa visite au Vatican du 13 novembre, il a mis l’accent sur le dialogue politique avec le Saint- Siège, comme l’aspect religieux de la relation, approuvant le leadership du Saint-Siège sur les thèmes du projet européen, du respect des Nations unies et de sa charte, du travail pour le développement et de la réduction du fossé entre riches et pauvres. (apic/imedia/ar/pr)

16 novembre 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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