Message de Bartholomée Ier, patriarche de Constantinople
Rome: Le Séminaire pontifical français de Rome conclut les fêtes de son 150e anniversaire
Rome, 21 novembre 2004 (Apic) Le Séminaire pontifical français de Rome a conclu dimanche les fêtes de son 150e anniversaire. La messe célébrée le 21 novembre 2004 dans la chapelle de l’institution par le cardinal Roger Etchegaray, président émérite des Conseils pontificaux Justice et Paix et Cor Unum, a été retransmise en direct sur la chaîne de télévision française «France 2», dans le cadre du «Jour du Seigneur».
Cette prestigieuse maison protégée par le pape Pie IX (1846-1878) et confiée à la Congrégation missionnaire du Saint-Esprit, a ouvert ses portes le 10 octobre 1853 à Irénée Dieu, son premier séminariste. Depuis, 4’700 élèves lui ont succédé (séminaristes, prêtres et laïcs), dont environ 200 évêques et cardinaux français. C’est Léon XIII (1878-1903) qui, par le bref «Cum nihil potius» du 22 juin 1902, a élevé l’institution du «Pontificium Seminarium Gallicum» au rang de séminaire pontifical. Ainsi, le recteur du Séminaire est-il nommé directement par le Saint-Siège et dépend de la Congrégation pour l’éducation catholique.
Le congrès des anciens du Séminaire, réuni du 19 au 21 novembre pour fêter cet anniversaire, a vu la participation des cardinaux, anciens séminaristes, Jean-Louis Tauran, Archiviste et Bibliothécaire du Vatican, et Roger Etchegaray. Bartholomée Ier, patriarche oecuménique de Constantinople, a adressé un message au Séminaire à l’occasion de ce congrès. En effet, il fait aussi parti des figures de l’institution. Depuis le Concile Vatican II, la tradition veut que le Séminaire français accueille des pensionnaires orthodoxes.
«L’ENA des évêques»
Le Séminaire pontifical français est parfois qualifié «d’ENA des évêques». «Une expression quelque peu audacieuse», déclare à l’Apic le Père Yves-Marie Fradet, recteur du Séminaire. «A l’origine, l’idée était de former à Rome des jeunes gens de milieux pauvres, de désenclaver le clergé de France en lui offrant la possibilité de se former au coeur de la catholicité, loin des contingences françaises», confie l’historien Philippe Levillain, co-directeur du livre qui retrace les 150 ans du Séminaire, présenté au cours de ces journées (Philippe Levillain, Philippe Boutry et Yves-Marie Fradet, 150 ans au coeur de Rome – Le séminaire français – 1853- 2003 – , aux éditions Khartala).
Un autre ouvrage a été écrit par Etienne Osty et Roger Billy sur le fondateur du séminaire, Le P. Louis-Marie Lannurien (1823-1854), spiritain, disciple de Libermann, fondateur du Séminaire français de Rome, publié lui aussi aux éditions Khartala. Dimanche en fin d’après-midi, les participants ont assisté à une conférence de Mgr Sarah, secrétaire de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples portant sur «Eglises anciennes et jeunes Eglises aujourd’hui: enrichissements mutuels».
Le Séminaire ne dispense aucun enseignement scolaire
«Ici on apprend l’Eglise et son universalité, on s’élargit l’esprit au-delà des frontières de l’hexagone», explique à I’Apic le Père Jean- Baptiste Edart, directeur spirituel du Séminaire. «On veut avant tout former des prêtres et des pasteurs. Les étudiants du Séminaire sont envoyés à Rome par leur évêque pour poursuivre leur parcours universitaire et théologique. Ils suivent leurs cours dans les universités pontificales de Rome, le Séminaire ne dispensant aucun enseignement scolaire.
Le Séminaire comptait 85 pensionnaires en 1995, 108 en 1963 et 207 en 1923. Aujourd’hui ils sont 54 étudiants, âgés de 23 à 46 ans (la moyenne d’âge est cependant de 27-31 ans), originaires d’Europe, d’Afrique et d’Asie. 33% d’entre eux sont membres de communautés nouvelles, dont celles de l’Emmanuel et du Verbe de Vie.
Des périodes difficiles au cours de l’Histoire: la proximité de l’Action française
Au cours de son siècle et demi, l’institution a traversé des périodes difficiles: la guerre de 1870 et les deux conflits mondiaux. Il a aussi péniblement vécu la condamnation par Pie XI du mouvement d’extrême droite l’Action française, en 1926. Le recteur d’alors, le Père Henri Le Floc’h et de nombreux séminaristes en étaient proches. Enfin, après Vatican II, les séminaristes se sont divisés sur «l’Aggiornamento» de l’Eglise catholique.
A l’occasion de son anniversaire, le Séminaire a fait peau neuve, restauré ses locaux du 19e siècle et commandé pour sa chapelle des mosaïques contemporaines au Père Rupnik, auteur de celles réalisées pour Jean Paul II dans la chapelle Redemptoris Mater du troisième étage du palais apostolique au Vatican.
Le prochain grand rendez-vous pour le Séminaire pontifical français est la béatification annoncée pour le printemps prochain de Léon Dehon (1843-1925), fondateur de l’Institut des prêtre du Sacré-Coeur, plus connu sous le nom de «déhoniens». Léon Dehon fut élève du Séminaire. (apic/imedia/hy/be)




