Les Eglises catholiques soutiennent Iouchtchenko

Ukraine: Un évêque catholique met en garde contre un éventuel bain de sang

Kiev, 24 novembre 2004 (Apic) L’évêque auxiliaire catholique latin de Kiev- Jytomyr, Mgr Stanislav Szyrokoradiuk, avertit qu’un bain de sang se prépare après les élections présidentielles controversées du 21 novembre. Les catholiques du pays, latins et uniates, se mobilisent derrière le candidat de l’opposition Viktor Iouchtchenko.

Mgr Szyrokoradiuk appelle les gouvernements occidentaux à «réagir à ces intolérables abus de pouvoir». Il précise que «les catholiques soutiennent fermement le mouvement national, en priant pour qu’il aboutisse et en le supportant dans la rue». «Bien que nous voulons la paix, on ne peut pas attendre des gens qu’ils supportent la tricherie électorale. Il y a eu falsification des votes et le peuple a le droit de critiquer et de rejeter cela», a encore ajouté Mgr Szyrokoradiuk. Le père Boris Gudziak, recteur de l’Université catholique d’Ukraine a en outre déclaré: «Nous avons déjà élu notre président, c’est Iouchtchenko, et personne n’en doute plus».

L’Eglise catholique-grecque (uniate) d’Ukraine soutient également l’élection de Viktor Iouchtchenko. Elle a appelé le gouvernement à renoncer à la violence et au respect des lois dans la gestion de la crise que connaît le pays. Dans une déclaration signée le 24 novembre par le cardinal Lubomyr Husar, l’Eglise unie à Rome accuse indirectement le gouvernement de falsification des résultats du vote, d’information unilatérale durant la campagne présidentielle et d’abus dans l’utilisation de l’appareil étatique.

Une situation tendue et incertaine

Le 23 novembre, environ 200’000 Ukrainiens ont marché sur le parlement, où Viktor Iouchtchenko a prêté serment en tant que président. Ce dernier a pourtant été déclaré perdant des élections présidentielles. Selon les observateurs, des fraudes évidentes ont été commises pendant le scrutin en faveur du candidat du pouvoir en place, Viktor Ianoukovitch, ce qui a provoqué un fort mouvement social de protestation.

Pour l’instant, on n’a enregistré aucune violence grave, mais Viktor Iouchtchenko a prévenu que l’Ukraine «risquait une guerre civile si les résultats des élections n’étaient pas annulés et s’il n’était pas élu président». La situation pourrait dégénérer du moment que des partisans du candidat controversé Ianoukovitch, arrivent des «fiefs» de l’est pour le soutenir. Iouchtchenko a toutefois annoncé que des négociations allaient s’engager entre l’opposition et le pouvoir en place. (apic/cns/kna/rz/bb)

24 novembre 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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