Lausanne: La «Maison des migrations» se déplace du Saint-Rédempteur à Saint- Paul

Elle héberge des requérants d’asile déboutés

Lausanne, 30 novembre 2004 (Apic) La «Maison des migrations» à Lausanne – qui héberge des requérants d’asile déboutés – s’est établie momentanément à l’avenue de France à la paroisse réformée de Saint-Laurent – Les Bergières. Elle a quitté ce week-end la paroisse catholique du Saint-Rédempteur pour faire une escale dans des locaux paroissiaux situés dans l’église de Saint- Paul, qui fait partie de cette paroisse réformée lausannoise.

Dans un communiqué commun, l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV) et l’Eglise catholique en Pays de Vaud soulignent que comme précédemment, des dispositions ont été prises afin que l’accueil des personnes menacées de renvoi dans leur pays d’origine puisse se faire dans les meilleures conditions possibles pour tous les groupes concernés (associations de soutien aux réfugiés, paroisse, utilisateurs des locaux).

Invitation au dialogue

Le Conseil synodal de l’Eglise réformée et le Vicariat épiscopal de l’Eglise catholique continuent à encourager les différents partenaires, groupes de soutien et autorités, à demeurer dans un climat de dialogue. En particulier, ils redisent que leurs médiateurs «Eglises-réfugiés» sont à disposition pour participer à la recherche de solutions humaines pour les personnes concernées.

Selon Patrick Felberbaum, membre du Conseil synodal de l’Eglise évangélique réformée vaudoise, la «Maison des migrations» ne sert pas seulement de lieu de refuge, mais est également un lieu de rencontre et d’information sur la question de l’asile. Quand des requérants refoulés sont hébergés dans cette «Maison», ils y sont accueillis entre trois et quatre semaines.

Les locaux d’Eglise, une barrière symbolique

Selon Yves Sancey, de la Coordination Asile, les requérants déboutés (523 requérants étaient censés quitter le canton de Vaud depuis août dernier, sans compter 175 autres, pour lesquels Berne n’est pas entré en matière sur le dossier, mais que le canton avait défendus) n’ont pas perdu tout espoir.

«C’est un rapport de forces au niveau de la société vaudoise, soutient le responsable de la Coordination Asile; nous avons posé le problème avec les Eglises, les syndicats, le monde associatif, nous avons une pétition de 14’000 signatures. En fait, les requérants déboutés auraient déjà dû tous rentrer fin août, et l’on est déjà fin novembre!».

Les personnes qui passent par la «Maison de la migration» sont en principe les personnes menacées directement de renvoi et qui ont déjà reçu un plan de vol. La famille du Kosovo – père, mère et trois enfants – hébergée dans les locaux paroissiaux de Saint-Paul a reçu son plan de vol il y a bientôt deux semaines, précise Yves Sancey, «et ils sont arrêtables à tout moment». Mais à ses yeux, les services de l’Etat hésitent à s’en prendre à eux parce qu’ils sont hébergés dans des locaux d’Eglise. «C’est une protection symbolique minimale, bien qu’il ne soit pas impossible d’entrer dans une Eglise. Mais ce serait une première en Suisse!». (apic/com/be)

30 novembre 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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