D’autres archéologues restent toutefois plus circonspects
Israël: La grotte de Jean Baptiste ouverte au public en 2005
Tzouba, Israël, 6 décembre 2004 (Apic) Une grotte où Jean Baptiste aurait procédé à des baptêmes, sur un site mis au jour en été 2004 près de Jérusalem sera ouverte au
public dès 2005.
Un archéologue britannique affirmait en août 2004 avoir découvert dans des montagnes, au nord-ouest de Jérusalem une grotte dans laquelle Jean Baptiste administrait le baptême à ses disciples. Elle devrait être ouverte au public début 2005. Un archéologue britannique Shimon Gibson, 46 ans, a déclaré à l’AFP que la découverte d’un site où Jean Baptiste aurait baptisé ses disciples, dans des montagnes, au nord-ouest de Jérusalem, constitue «la première preuve archéologique de la réalité historique du récit des Evangiles». La grotte de Saint Jean, bientôt ouverte au public, a été restaurée par le kibboutz Tzouba. Cependant, d’autres archéologues, plus prudents, pensent que la découverte d’un lieu de culte très ancien lié à St Jean Baptiste ne prouve pas qu’il y ait vécu.
Les résultats de trois années de fouilles, entre 2000 et 2003, entreprises sur le site, avec le concours de l’Université américaine de Charlotte (Caroline du nord), ont déjà fait l’objet d’un ouvrage, «La grotte de Jean Baptiste», paru récemment aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. L’ouvrage précise que la grotte est située aux environs du kibboutz Tzouba, «distant d’une heure de marche à dos d’âne d’Ein Kerem, le village où, selon la tradition chrétienne, est né Jean Baptiste». Le site se trouve dans le périmètre du «désert» de Jérusalem, où Saint Jean des Montagnes pratiquait des retraites spirituelles. Une église franciscaine, celle d’Ein Kerem, a été bâtie sur le lieu présumé de la naissance de Jean Baptiste. Le monastère franciscain de Saint Jean du désert, lui aussi bâti près d’une grotte où Jean Baptiste séjournait, se trouve à 5 km à l’ouest d’Ein Kerem.
Les membres du kibboutz avaient alerté l’archéologue en 1999
La nouvelle grotte a été creusée à flanc de montagne, dans une région de pinèdes, proche du lit d’un torrent, dans une vallée encaissée. Le kibboutz y exploite des oliveraies. Ce sont les membres du kibboutz qui ont alerté en 1999 l’archéologue anglais, expert en techniques d’agriculture ancienne, de l’existence de la grotte, masquée depuis des siècles par une épaisse végétation.
Shimon Gibson, un homme de terrain qui arpente la Terre sainte depuis 1975, s’y est glissé en rampant par un orifice. La grotte était alors pleine d’éboulis et de terre. Il y a pratiqué des fouilles après avoir découvert sur ses parois, gravée dans la roche calcaire, une illustration de Jean Baptiste, «vêtu d’un vêtement de poils de chameau», comme relaté dans Matthieu (3-4), ainsi que des croix et le dessin rudimentaire d’une tête décapitée, illustrant la fin tragique de ce contemporain de Jésus.
Sous l’image représentant Jean Baptiste, on distingue une petite niche qui devait, selon l’archéologue, «contenir une relique». «Ces dessins, affirme Shimon Gibson, sont l’oeuvre de moines byzantins qui se réunissaient dans la grotte pour relater l’histoire de Jean Baptiste. Des iconoclastes ont tenté de les effacer au burin, notamment les yeux de Jean Baptiste», précise-t-il. La grotte a 24 m de long, 4 m de large et 4,5 m de hauteur. Dix huit marches imposantes, taillées dans la roche, mènent à un grand bassin rectangulaire.
«Son usage pour des rituels d’immersion remonte à l’âge de fer, à l’époque des rois de Judée», explique Shimon Gibson. «On y a trouvé des dizaines de milliers de débris de cruches d’argile du même type, dont la datation a montré qu’elles étaient de l’époque de Jean Baptiste».
«Au contraire des rituels d’immersion pratiqués dans la religion juive, qui sont individuels et concernent la purification du corps, ceux que pratiquaient les disciples de Jean Baptiste étaient collectifs et concernaient la purification des coeurs», selon l’archéologue.
A droite de l’entrée, ont été mis au jour des grands bassins de retenue d’eau de pluie servant à alimenter la piscine intérieure. Seule l’eau de pluie, «venue du ciel», pouvant servir au rituel. «Sur ce site se trouvent les premières traces concrètes de l’existence de Jean Baptiste», insiste Shimon Gibson, diplômé de l’Université de Londres et auteur de plusieurs ouvrages sur l’archéologie biblique. La grotte de Saint Jean, restaurée par le kibboutz Tzouba, devrait être ouverte au public début 2005. (apic/cx/vb)




