Pour la reconnaissance de la légitime pluralité des cultures

Rome: Message de Jean Paul II pour la 91e Journée du Migrant et du Réfugié

Rome, 9 décembre 2004 (Apic) Le pape Jean Paul II a lancé jeudi un appel en faveur d’une «intégration authentique» des immigrés dans un message adressé aux catholiques du monde entier. Un message diffusé jeudi au Vatican à l’occasion de la 91e Journée du Migrant et du Réfugié, qui sera célébrée le 16 janvier prochain sur le thème de «l’intégration culturelle».

Pour Jean Paul II, il est nécessaire de reconnaître «la légitime pluralité des cultures présentes dans un pays», mais «d’une façon compatible avec la protection de l’ordre dont dépendent la paix sociale et la liberté des citoyens».

«Dans nos sociétés touchées par le phénomène global de la migration, il est nécessaire de chercher un juste équilibre entre le respect de sa propre identité et la reconnaissance de celle d’autrui», écrit Jean Paul II. Aux yeux de Jean Paul II, on doit «exclure aussi bien les modèles fondés sur l’assimilation, qui tendent à faire de celui qui est différent une copie de soi-même, que les modèles de marginalisation des immigrés, comportant des attitudes qui peuvent aller jusqu’aux choix de l’apartheid».

Le pape précise alors que la voie à parcourir est celle de «l’intégration authentique dans une perspective ouverte, qui refuse de considérer uniquement les différences entre les immigrés et les populations locales».

Jean Paul II insiste enfin sur un aspect: le migrant, dans son processus d’intégration, «doit s’engager à accomplir les pas nécessaires pour son insertion sociale, tels que l’apprentissage de la langue nationale et son adaptation aux lois et aux exigences du travail». «Ainsi, poursuit- il, se fait jour la nécessité d’un dialogue entre les hommes de cultures différentes, dans un contexte de pluralisme allant au-delà de la simple tolérance pour parvenir à la sympathie».

«On devrait promouvoir une fécondation réciproque des cultures», ce qui suppose «la connaissance et l’ouverture des cultures entre elles, dans un contexte de compréhension et de bienveillance authentiques». Car, pour le pape, une simple juxtaposition des groupes de migrants et d’autochtones tend à la fermeture réciproque des cultures, ou bien à l’instauration entre celles-ci de simples relations d’apparence ou de tolérance.

Le pape évoque finalement le rôle des chrétiens qui savent «reconnaître la présence dans les diverses cultures de précieux éléments religieux et humains», pouvant «offrir de solides perspectives d’entente réciproque». Pour Jean Paul II, les chrétiens doivent d’abord «écouter l’appel à l’aide provenant de nombreux migrants et réfugiés», pour ensuite «promouvoir, à travers un engagement actif, des perspectives d’espérance», prélude à une société plus ouverte et solidaire.

Respect des différences

Selon le pape, il est cependant nécessaire «de conjuguer le principe du respect des différences culturelles avec celui de la sauvegarde des valeurs communes inaliénables fondées sur les droits humains universels», car, conclut-il, c’est de là seul «que naît ce climat de justesse civique qui permet une coexistence amicale et sereine».

Près de 175 millions de personnes dans le monde vivent dans des pays différents de leurs pays d’origine, selon le père Michael Blume, sous- secrétaire du Conseil pontifical pour les migrants. Près de 56 millions de ces derniers vivent en Europe, alors que 50 millions vivent en Asie, 41 millions dans l’Amérique du nord, 16 millions en Afrique, 6 millions en Amérique latine et dans les Caraïbes et 6 millions en Océanie. Les Etats- Unis, la Russie, l’Allemagne et la France figurent parmi les pays qui accueillent le plus grand nombre d’immigrés. (apic/imedia/ar/pr)

9 décembre 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!