Eviter de remettre en cause le processus de démocratisation

Rome: Le pape souhaite une intégration rapide de la Croatie à l’Union européenne

Rome, 12 décembre 2004 (Apic) Le pape Jean Paul II a souhaité que l’intégration de la Croatie à l’Union européenne se fasse rapidement, afin de ne pas remettre en cause le processus de démocratisation dans la région et dans tous les Balkans.

Recevant le 11 décembre 2004 au Vatican le professeur Emilio Marin, nouvel ambassadeur de Croatie près le Saint-Siège, venu lui remettre ses lettres de créances, le pape a dit son espoir que les progrès récents de la Croatie pour faire partie de l’Europe unie arriveront à bon terme.

Né à Split, sur la côte dalmate, près de l’ancienne cité romaine de Salone, Emilio Marin est un spécialiste de l’histoire de l’Antiquité romaine et de l’archéologie paléochrétienne. Agé de 53 ans, le nouvel ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire était jusqu’à présent directeur du Musée archéologique de Split. Il a été secrétaire général du Comité d’organisation du XIIIe Congrès international d’Archéologie chrétienne, et a donné des cours notamment à l’All Souls College de l’Université d’Oxford et à la Sorbonne.

A l’occasion de la réception du nouvel ambassadeur, le pape a souhaité que le riche héritage religieux et l’identité spirituelle des Croates leur permettent de construire à l’avenir leur propre histoire et d’apporter leur expérience dans le concert des peuples européens.

Il a dit partager les préoccupations exprimés par certains qu’une entrée retardée de la Croatie dans l’Union pourrait se faire au détriment des réformes démocratiques pas uniquement dans ce pays «mais également dans d’autres nations de cette partie du continent qui se sont engagées avec espérance sur la voie de l’intégration européenne». En janvier 2004, le pape avait déjà apporté son soutien à l’adhésion de la Croatie à l’Union européenne en recevant le Premier ministre croate, Ivo Sanader.

En juin 2004, le Conseil de l’Europe a décidé que l’ouverture des négociations en vue de l’entrée de la Croatie dans l’Union commencerait au début de l’année 2005. Mais les 25 membres de l’Union sont divisés sur l’entrée de la République croate dans l’Union et devraient en définitive décider de la date d’ouverture des négociations dans les prochaines semaines.

L’ex-république yougoslave, dont la déclaration d’indépendance en 1991 a embrasé la région, a déposé sa demande officielle d’adhésion à l’Union européenne en février 2003. Zagreb espère que l’année 2007 verra la concrétisation de ses efforts.

Un engagement pour la paix et la réconciliation dans les Balkans

Dans ce contexte, Jean Paul II a souhaité qu’après la guerre serbo- croate de 1991 à 1995, la Croatie retrouve «paix et réconciliation». Il a particulièrement insisté sur la résolution de la question des réfugiés et des exilés consécutive au conflit. «Je désire exprimer ma satisfaction pour les avancées concrètes réalisées pour résoudre cette question», a-t-il déclaré au nouvel ambassadeur.

En avril 2003, la Croatie, la Serbie-Monténégro et la Bosnie Herzégovine se sont engagés dans une action tripartite pour régler la question de leurs ressortissants réfugiés ou exilés sur leur territoire respectif au cours de la guerre. Le problème fondamental du retour des réfugiés chez eux est la question de leur relogement et de la restitution de leurs biens spoliés durant le conflit.

Le pape insiste sur le droit au retour des réfugiés

Le pape a par ailleurs insisté sur le problème des minorités dans cette région d’Europe, véritable mosaïque ethnique, linguistique et religieuse. «Le récent accord entre la Croatie et la Serbie constitue une contribution positive et importante pour assurer la pleine reconnaissance des droits des minorités croates en Serbie et au Monténégro et de la minorité serbe en République croate».

Les Croates représentes environ 1,1% de la population serbe. Quant aux Serbes, ils sont environ 200’000 aujourd’hui en Croatie (4,54 % de la population, bien moins qu’avant la guerre). La minorité serbe, tout comme les 21 autres minorités nationales en Croatie, jouit de droits spécifiques fixés par une loi constitutionnelle. Celle-ci leur garantit l’autonomie culturelle, le droit à l’enseignement dans leur langue, une représentation parlementaire au niveau national et, à l’échelon régional, au sein des collectivités territoriales, ainsi que dans les administrations centrale et décentralisées. Jean Paul II a insisté sur le rôle positif de l’Eglise dans la réconciliation et la résolution de nombreux problèmes et tensions dans le pays. HY/JB

Encadré

Les accords liant le Saint-Siège et la Croatie attendent leur pleine réalisation

Le pape Jean Paul II a rappelé les accords qui lient le Saint-Siège et la Croatie. «Ils ont démontré leur efficacité, même si par certains aspects ils attendent encore une pleine réalisation», a regretté le souverain pontife. Quatre accords de type concordataires lient actuellement le Saint- Siège et la Croatie. Ceux abordant les questions juridiques, éducatives et culturelles et l’assistance spirituelle ont été signés en 1996. Le traité relatif aux questions économiques a quant à lui été signé en 1998 et n’est pas encore totalement appliqué. Jean Paul II s’est rendu à trois repris en Croatie. Une première fois en 1994, une seconde en 1998 et enfin en juin 2003, au cours de son 100e voyage hors d’Italie. (apic/imedia/hy/be)

12 décembre 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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