Le pape demande à la diplomatie de faire triompher la paix

Rome: Nouveaux ambassadeurs de cinq pays reçus par Jean Paul II

Rome, 16 décembre 2004 (Apic) Le pape Jean Paul II a reçu jeudi au Vatican les nouveaux ambassadeurs du Kenya, du Luxembourg, du Malawi, de la Norvège et de la Thaïlande. Dans son discours, le pape leur a demandé de «faire triompher la paix». Il a en outre appelé la communauté internationale «à un sursaut d’actions inventives, sur le plan de la charité, de l’économie et de la politique».

Dans notre monde qui continue «à être marqué par le fléau de la guerre», il importe que la diplomatie (.) s’attache à faire triompher la paix», a déclaré le pape. «J’en appelle encore une fois à tous les hommes de bonne volonté, pour qu’ils déposent définitivement les armes et qu’ils s’engagent sur la voie du dialogue confiant et fraternel», a-t-il poursuivi. Car la violence «ne sert pas la cause des peuples, ni leur développement».

Face aux drames humanitaires, le pape a appelé la communauté internationale «à un sursaut d’actions inventives, sur le plan de la charité, de l’économie et de la politique». «Je forme donc des voeux pour que nos contemporains, en particulier les personnes qui président aux destinées des peuples, aient toujours davantage le souci du service de l’homme et du bien commun», a-t-il ajouté.

Le pape s’est ensuite adressé à l’ambassadeur du Malawi, Gilton Bazilio Chiwaula, lui demandant de défendre l’institution de la famille. Il a appelé le gouvernement à «résister à toute tentative venant d’agences extérieures» au pays «d’imposer des programmes d’assistance économique liés à la promotion de la stérilisation et de la contraception». Il s’est par ailleurs attardé sur le fléau du Sida, demandant aux autorités publiques et aux communautés religieuses de collaborer dans l’éducation de la population et dans la promotion de la fidélité au sein du mariage et de l’abstinence à l’extérieur.

Jean Paul II a ensuite lu un discours à l’attention de l’ambassadeur de Thaïlande, Pradap Pibulsonggram. Il a invité ce pays «à cultiver un climat de tolérance religieuse et de coexistence pacifique entre ses citoyens». Le pape, soulignant l’importance de l’instruction pour une société de respect et de solidarité, a aussi offert, dans cet esprit, le soutien de l’Eglise . Appelant le pays à assister les personnes dans le besoin, il a également invité ses dirigeants au bon usage de son influence croissante dans la communauté internationale.

La responsabilité des pays riches

S’adressant alors à l’ambassadeur du Luxembourg, Georges Santer, le pape a souligné la responsabilité particulière des pays riches «dans la construction de la paix». Il a aussi encouragé le Luxembourg, qui présidera l’Union européenne du 1er janvier au 30 juin 2005, à contribuer à ce que «le processus d’intégration» entre l’Ouest et l’Est du continent européen s’accompagne «d’un dialogue et de l’intensification des échanges entre le nord et le sud de notre planète».

«A l’heure de la mondialisation des échanges, les pays les plus riches ont une responsabilité particulière dans la construction de la paix», a déclaré le pape, rappelant que «la paix et le développement vont de pair». «Les pays d’Europe (.) forment aujourd’hui, au sein de l’Union européenne, un pôle politique et économique puissant qui a, lui aussi, un devoir particulier à l’égard du développement et de la paix», a-t-il rappelé. Le souverain pontife a invité l’Europe à ne pas se refermer sur elle-même mais «à se montrer ouverte et exemplaire». «C’est en effet en partageant ses richesses, économiques, sociales, religieuses et culturelles, et en accueillant celle des autres, qu’elle assumera sa véritable mission», a-t-il souligné.

Jean Paul II a encore invité les Luxembourgeois à «rester accueillants aux étrangers qui constituent une bonne part de la population du pays». Il les a également incités à «s’efforcer de nouer des liens de convivialité entre les différentes couches de la société, afin d’éviter les phénomènes de marginalisation qui, trop souvent, affectent aussi les sociétés les plus développées du monde contemporain». Il a salué la volonté du gouvernement luxembourgeois «d’aider les familles en renforçant les structures d’assistance pour les enfants» et «de maintenir les programmes d’enseignement religieux dans les écoles secondaires».

Le pape, se tournant enfin vers l’ambassadrice kenyane, Raychelle Awuor Omamo, félicité ce pays pour son leaderdeship «dans la promotion d’initiatives de paix et de la stabilité sociale» sur le continent africain. Il a aussi souligné les efforts du gouvernement dans la lutte contre la corruption, et l’a encouragé à poursuivre dans cette voie. Le pape a également défendu une nouvelle fois l’institution du mariage, est revenu sur le problème du Sida et s’est arrêté davantage sur celui de l’avortement, qui pourrait, contre sa volonté, être facilité au Kenya.

L’héritage chrétien de la Norvège

Le pape s’est en conclusion adressé à l’ambassadeur de Norvège, Lars Petter Forberg, auquel il a rappelé l’héritage chrétien du pays, malgré sa sécularisation qu’il a regrettée. Le souverain pontife a aussi insisté sur l’importance du mariage, pressant les leaders religieux et civils de défendre son institution. Il a également encouragé «tous les chefs religieux du pays à persévérer dans leur chemin vers l’unité chrétienne».

Le 10 janvier 2005, le pape recevra comme chaque année le corps diplomatique auquel il s’adressera en français, la langue diplomatique au Vatican. Ce sera pour lui l’occasion de faire un tour d’horizon de la situation mondiale.

Enfin, le pape a invité «les gouvernements à mesurer l’importance des choix économiques, politiques et éthiques qu’ils engagent, afin de bâtir une société toujours plus humaine». «L’Eglise (.) a pour mission de rappeler à nos sociétés l’invitation puissante de l’idéal évangélique», a-t- il rappelé. «C’est pourquoi elle défend avec tant de conviction la valeur inaliénable de la vie humaine, de sa conception jusqu’à sa fin naturelle, ainsi que la grandeur du mariage entre l’homme et la femme comme base de la famille et de la société», a-t-il conclu. (apic/imedia/ar/ms/pr)

16 décembre 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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