Rome: Pour Mgr Lajolo, il appartient à la Turquie de prouver son appartenance à l’Europe

«En faisant siennes les libertés fondamentales de l’UE»

Rome, 5 janvier 2005 (Apic C’est en faisant siennes les libertés fondamentales de l’Union européenne, que la Turquie prouvera son appartenance à l’Europe, a estime Mgr Giovanni Lajolo, secrétaire du Saint- Siège pour les relations avec les Etats, interrogé par Radio Vatican, sur des questions internationales.

L’Ukraine appartient «sans hésitation» à l’Europe de «l’Atlantique à l’Oural» dont le pape a parlé, a d’abord commenté Mgr Lajolo. En effet, «son potentiel économique et sa position stratégique» ont donné à l’Ukraine «une structure européenne», et «sa contribution culturelle» à l’Europe n’est plus à prouver.

«Si la Turquie appartient à l’Europe?», s’est ensuite demandé l’archevêque italien, elle «doit elle-même le prouver, en faisant siennes les valeurs de base de l’Union européenne, surtout les droits humains fondamentaux, et particulièrement la liberté de religion qui doit s’insérer dans la vie sociale au quotidien».

Le diplomate du Vatican espère que l’Europe sera chrétienne car, pour lui, il en va de «la profondeur de l’identité européenne». «La réponse» en la matière sera donnée «par les professions de foi chrétiennes des citoyens européens et par les politiques chrétiens», a-t-il encore expliqué. Pour lui, il ne fait pas de doute que l’Europe a besoin «d’une nouvelle âme», ainsi que «d’une grande sagesse». «Sans Dieu, il n’y a pas de liberté. Sans Dieu, l’homme est perdu», a-t-il encore affirmé.

Parmi «les préoccupations» du Saint-Siège, figurent «plusieurs pays, surtout en Asie, dans lesquels la liberté de religion n’est pas suffisamment prise en considération», a par ailleurs déclaré «le ministre des Affaires étrangères» du Vatican. Interrogé sur l’évolution des relations entre le Saint-Siège et la Chine, il a expliqué qu’»un tournant positif dans les relations avec la Chine ne pouvait advenir qu’à travers un dialogue ouvert qui implique aussi que tombent les préjugés». «La pleine unité des catholiques chinois avec le pape, ainsi que la liberté de professer leur foi, ne devraient en aucun cas les empêcher d’être de bons citoyens», a-t-il argumenté. «Bien au contraire, ayant cette liberté», leurs attitudes dans la société pourraient» être encore meilleures».

Violations

Régulièrement, le Saint-Siège dénonce les arrestations de religieux et de fidèles catholiques -»graves violations de la liberté de religion (.);»droit fondamental de l’homme» – perpétrées par le gouvernement chinois, souvent dans les périodes de fêtes religieuses. Le pouvoir communiste chinois reconnaît le droit de pratiquer les religions reconnues par l’Etat, dont le christianisme, mais interdit le prosélytisme. La Chine compte entre 12 et 15 millions de fidèles catholiques, répartis entre une communauté «patriotique» ou officielle, dont les deux tiers des évêques seraient reconnus par le Saint-Siège, et une communauté «souterraine» ou clandestine, que les autorités chinoises tolèrent plus ou moins selon les régions et les périodes de l’année.

L’avenir de «la petite minorité chrétienne» en Irak, est également source de préoccupation au Vatican. «Les chrétiens se sentent menacés dans leur existence et des milliers d’entre eux cherchent un avenir à l’étranger», a déploré Mgr Lajolo, soulignant que les racines chrétiennes «sont plus anciennes que celles de la majorité de la population musulmane».

En ce qui concerne la Terre Sainte, «en permanence au centre de l’attention du Saint-Siège», «il y a «des signes» pour un éventuel «recommencement dans la relation entre le pouvoir israélien et les autorités palestiniennes», a poursuivi le diplomate du Vatican. «Un état de liberté pourrait aussi être avantageux pour les institutions chrétiennes et la petite minorité chrétienne», qui n’a définitivement pas «une position facile» dans cette zone du Proche-Orient.

Mgr Lajolo a également parlé des «quelques pays d’Afrique» dont la situation est suivie au jour le jour par le Saint-Siège, ainsi que des pays d’Asie du sud-est, comme le Sri Lanka et l’Indonésie, «actuellement dévastés par de terribles raz de marée». (apic/imedia/ar/pr)

5 janvier 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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