Loin de se laisser prendre par la nostalgie

Genève: Hebdomadaire chrétien et culturel de la famille, l’Echo Magazine fête ses 75 ans

Genève, 18 janvier 2005 (Apic) Hebdomadaire chrétien et culturel de la famille basé à Genève, l’Echo Magazine a fêté le 18 janvier son 75ème anniversaire, le même jour où paraissait en 1930 le No 1 de ce qui s’appelait alors l’Echo IIlustré. Le journal en profite pour lancer sa nouvelle maquette – la dernière datait de l’an 2000 – dans son numéro 3, daté du 20 janvier.

L’hebdomadaire dirigé par le Père Albert Longchamp, directeur éditorial, Bernard Litzler, rédacteur en chef, et son adjoint Pierre Bernhardt, regarde l’avenir avec confiance, fort de ses 3900 numéros déjà publiés, de son tirage de quelque 20’000 exemplaires, et de ses 80’000 lecteurs.

Instrument de propagande des milieux catholiques

Quel coup audacieux, en janvier 1930, au creux de la crise économique et d’un chômage qui touchait de larges couches de la population, que de lancer le premier numéro d’un journal qui se voulait notamment un instrument de propagande des milieux catholiques ! Mais qui, déjà, se consacrait à l’information internationale.

Dès 1932, la bande dessinée va jouer un rôle important pour cet hebdomadaire romand. «Ce n’est pas la religion qui a sauvé l’Echo illustré, plaisante Albert Longchamp, c’est Tintin et Milou!». En effet, les péripéties du célèbre reporter et de son chien au Pays des Soviets et la suite de leurs aventures vont passionner des générations de lecteurs. Hergé, le créateur du personnage de Tintin, va même demander au rédacteur en chef de l’époque, Jean Dupont, d’effectuer des repérages pour l’album L’Affaire Tournesol. On y voit même le capitaine Haddock avec un exemplaire de l’Echo Illustré! C’est dire l’amitié qui liait George Rémi, alias Hergé, avec l’hebdomadaire édité à Genève.

A ses débuts, la revue catholique était sous la houlette de l’abbé Henri Carlier, rédacteur en chef, et l’évêque diocésain, Mgr Marius Besson, veillait à la tenue de «son» journal. Le diocèse siégera d’ailleurs dans son conseil d’administration jusqu’en 1985. La publication était également proche de Rome. «De la Rome politique», précise le Père Longchamp, puisque Mussolini venait de signer les Accords du Latran avec le Vatican, alors que le pape se jugeait jusqu’alors prisonnier de l’Italie.

Si c’était un journal empreint de propagande, il n’était pas très combatif, et ne s’en est jamais pris aux protestants. «C’était plutôt un journal familial et consensuel, patriote mais amical», relève le jésuite.

Le plus haut tirage lors du Concile Vatican II

Dans l’histoire plus récente, les soucis financiers n’ont pas manqué. Après l’euphorie du Concile Vatican II, où l’hebdomadaire allait atteindre son plus haut tirage – près de 35’000 exemplaires et pas mal de publicité – le tirage allait bientôt dégringoler. «Sans un gros effort rédactionnel et sans développement commercial, le journal aurait disparu», explique le Père Longchamp, qui a contribué à redresser l’Echo Magazine dès son arrivée à la tête de la rédaction en 1985.

Aujourd’hui, alors que l’érosion de la presse se fait toujours plus sentir – notamment la presse d’opinion -, la fidélisation des abonnés est très difficile. Il faut renouveler chaque année au moins 15% des lecteurs, relève ainsi Gérard Plader, directeur général. Saripress SA, la société éditrice présidée par Albert Longchamp et qui compte deux actionnaires privés, a un chiffre d’affaires d’environ 4 millions de francs.

Genève: Hebdomadaire chrétien et culturel de la famille, l’Echo Magazine fête ses 75 ans et de lancer des coups d’encensoir sur le passé, pour reprendre la formule du Père Longchamp, l’Echo Magazine veut se renouveler et toujours mieux correspondre aux attentes de ses lecteurs. La majorité des abonnements (4’800) se trouve en Valais, suivi de Fribourg (4’200), Vaud (4’000), Genève (2’700), Jura (2’100), Neuchâtel (1’200), Berne (730).

Fier de collaborer avec d’autres confessions

L’Echo Magazine est fier de collaborer avec d’autres confessions, témoigne également Bernard Litzler. L’hebdomadaire de 48 pages, auquel s’ajoute le cahier TV 7 Sélection – également repris par le quotidien La Liberté – offre en effet de nouvelles perspectives. La rubrique Evangile est désormais confiée à quatre rédacteurs, dont deux anciens: François- Xavier Amherdt et Guy Musy; et deux nouveaux: le pasteur protestant Jean- Baptiste Lipp, et l’orthodoxe Noël Ruffieux. Le journal collabore avec d’autres publications et agences: La Liberté, Apic et Ciric (Suisse), Dimanche (Belgique), Le Messager de Saint Antoine (Paris), le Catholic Herald (Londres), etc.

La société éditrice emploie aujourd’hui 24 personnes (18 postes à plein temps), notamment 4 postes à plein temps pour la rédaction, et. 8 postes à plein temps pour le télémarketing! C’est que le journal, autonome financièrement, sans subvention et sans dette, gagne 80% de ses rentrées par les abonnements, alors que 20% de ses ressources viennent de la publicité, de la vente par correspondance et de diverses autres recettes.

Si l’apport publicitaire est relativement faible, c’est aussi parce que les gros annonceurs – comme la Migros, par ex. – refusent de faire paraître des annonces dans la presse qualifiée de confessionnelle. Mais depuis septembre dernier, une personne a été engagée pour la publicité, et les résultats sont très encourageants. Ces prochaines semaines, on pourra encore trouver l’Echo Magazine sur le site internet www.echomagazine.ch. JB

Les illustrations de cet article sont à commander à l’agence CIRIC, Bd de Pérolles 36 – 1705 Fribourg. Tél. 026 426 48 38 Fax. 026 426 48 36 Courriel: ciric@cath.ch (apic/be)

18 janvier 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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