Censure sur les médias
Congo RDC: Propagande politique et réaction de la haute autorité des médias
Kinshasa, 24 janvier 2005 (Apic) Le ministère de la Presse et Information et la Haute autorité des médias ont suspendu deux chaînes de télévision privées, des émissions radios en direct et une émission de la chaîne nationale.
Les récentes déclarations des partis politiques et les prises de position de nombre d’ auditeurs et téléspectateurs en direct dans les diverses chaînes de la capitale congolaise, Kinshasa, ont suscité la censure de l’autorité. Celle-ci a réagi à travers le ministère de la Presse et information et la Haute autorité des médias, Ham, par la suspension de deux chaînes de télévision privées, de diverses émissions en direct et d’une émission de la chaîne nationale. Ces mesures ont provoqué de vives réactions. Le bureau exécutif de l’Union nationale de la presse du Congo (Unpc), réuni en urgence, a exprimé sa préoccupation par la voix de son président devant les mesures de suspension. L’Unpc a demandé aux professionnels de média de faire preuve d’objectivité et d’impartialité dans le traitement et la diffusion de l’information. «Il n’est pas bon que les médias prennent la responsabilité des actes posés par d’autres acteurs, et qui menacent le processus de transition», a déclaré le président des journalistes congolais.
Les chaînes ont repris leurs émissions
La Haute autorité des médias, instance de surveillance de l’éthique de la presse nationale, a déjà suspendu une émission de la chaîne nationale pour non-respect du Cahier des charges et du pluralisme d’opinion. Elle a adressé aux secrétaires généraux des deux grands partis politiques, à savoir le Pprd, proche du président de la République, et le Mlc du vice- président J.-P. Bemba, un appel à la retenue. Un conflit les a en effet opposés ces jours-ci, en particulier à propos la suspension d’un ministre du gouvernement.
Le président Joseph Kabila et le vice-président Jean-Pierre Bemba ont mis fin à cette crise, au cours d’une rencontre à Kinshasa. Les chaînes de télévision et Radio Liberté de la mouvance Mlc ont repris leurs émissions. La Ham déplore que les médias aient relayé les messages de deux grands partis politiques susmentionnés, violant de ce fait les règles d’éthique et de déontologie de la profession journalistique.
Les téléspectateurs de Kinshasa pour leur part dans divers reportages réalisés sur le sujet, ont en majorité condamné la décision gouvernementale de suspension, bien qu’une partie de l’opinion publique déclare comprendre la réaction de l’Etat. Tous ont invité à «la correction du langage» à l’antenne. (apic/dia/vb)




