Le constat des participants au 5e Forum social

Porto Alegre: Lutte contre la pauvreté dans le monde? Beaucoup de mots pour peu d’actes

Porto Alegre, 30 janvier 2005 (Apic) La lutte contre la pauvreté dans le monde? Beaucoup de mots, de promesses de nantis autour de banquets, pour peu ou pas de résultat. C’est le constat que tirent la plupart des participants au 5e Forum social mondial, qui se tient actuellement à Porte Alegre, au Brésil, loin de Davos.

«Cinq ans plus tard nous sommes encore ici à dire que la campagne des Nations Unies pour les objectifs du millénaire, à savoir l’élimination de la pauvreté d’ici à 2015, ne fonctionne pas: la volonté politique de la part de tous pour l’application concrète de ces programmes fait défaut. De plus ils doivent être adaptés aux réalités de chacun des pays concernés», a déclaré à MIsna Marina Ponti, vice-directrice pour l’Europe de l’initiative promue par l’ONU.

En l’an 2000, les gouvernants du monde entier se sont solennellement engagés à garantir huit points essentiels pour réduire la misère de la planète: «Ce document est un point de départ, sur lequel il y a eu un consensus international» ajoute Marina Ponti. En revanche pas grand-chose n’a changé depuis. Face à 1 milliard et 350 millions d’êtres humains qui vivent avec moins d’un dollar par jour, des réponses concrètes manquent: «Non seulement de la part des pays riches du Nord du monde, mais aussi de la part des gouvernements du Sud», explique la vice-directrice de la Campagne, sous la tente blanche du Forum social mondial, où a lieu le débat sur la réforme de l’ONU.

La feuille de route largement rallongée

Une sorte de «road map» (feuille de route) contre la faim et les maladies avait été mise au point il y a 5 ans: huit point que les gouvernements avaient alors souscrits mais qui sont à présent récalcitrants à les mettre en pratique: réduire de moitié la pauvreté, garantir l’instruction élémentaire pour tous et l’égalité des chances, réduire la mortalité infantile et maternelle, stopper la diffusion des grandes épidémies (sida, malaria et tuberculose surtout), garantir l’accès à l’eau et aux services sociaux», souligne Marina Ponti.

Reste que le huitième objectif dépend exclusivement des «riches», qui ces jours-ci sont réunis au Forum mondial sur l’économie de Davos, en Suisse. Un 8e objectif qui se résume à: réduire le fardeau de la dette extérieure des pays pauvres, donner davantage d’argent et mieux le dépenser en aide au développement, mais aussi à engager une réforme de l’Organisation mondiale du commerce (OMC): d’ici à 2015.

Eglise locale impliquée

Observateur attentif de ce forum, Mgr Dadeus Grings, archevêque de Porto Alegre, capitale de l’état méridional de Rio Grande do Sul, qui accueille ce rendez-vous social, visité par plus de 100’00 personnes du monde entier, relève que ce forum est un phénomène culturel important: un lieu où l’on pense quelque chose de nouveau et où l’on met au point une solution différente aux problèmes de l’humanité».

«Il s’agit sans aucun doute d’une grande expérience de richesse au niveau international, qui implique directement l’Eglise locale aussi: les catholiques y participent par le biais de la Conférence nationale épiscopale du Brésil» ajoute le prélat, qui dirige un diocèse de 3,5 millions d’habitants. (apic/misna/pr)

30 janvier 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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