Un rapport affectif et personnel entre le pape et les malades
Rome: 13e Journée mondiale du malade
Rome, 13 février 2005 (Apic) Sorti récemment de la Polyclinique Gemelli à Rome, le pape, qui a été hospitalisé pour la septième fois depuis le début de son pontificat, entretient avec les malades un rapport particulier. Ce rapport est devenu affectif et très personnel au fil du temps et de l’avancée de sa maladie.
Bientôt âgé de 85 ans, le pape s’est adressé aux malades dès le début de son pontificat, comme il l’a fait dans son message du 11 février pour la Journée mondiale du malade. Aujourd’hui, celui que l’on appelait dans sa jeunesse ’l’athlète de Dieu’ est devenu lui-même un malade, très médiatisé.
Dès son plus jeune âge, le jeune Karol Wojtyla est marqué par la maladie de ses proches. Il n’a que huit ans lorsque sa mère, Emilia, meurt d’une insuffisance rénale et d’une affection cardiaque, après avoir beaucoup souffert. Trois ans plus tard, en 1932, son seul frère, Edmund, jeune médecin, meurt à son tour.
A l’âge de 23 ans, en février 1944, Karol Wojtyla est renversé par un camion allemand et hospitalisé pendant deux semaines. Par la suite, les images les plus connues du jeune prêtre, qui deviendra évêque en 1958, sont celles d’un sportif, amateur de marche à pied, de kayac et de ski.
Le 17 octobre 1978, au lendemain même de son élection au siège apostolique, le nouveau pape décide de rendre visite à son ami polonais Mgr Andrzej Maria Deskur, hospitalisé à la polyclinique Gemelli . En rejoignant le dixième étage de l’hôpital – des lieux qu’il connaît désormais parfaitement – le pape est arrêté par de nombreux fidèles. Sur le ton de la plaisanterie, il leur affirme qu’au regard de l’accueil enthousiaste qui lui est fait, il se pourrait bien qu’il y revienne, pour y être soigné. Après avoir rendu visite à Mgr Deskur, il déclare aux malades de la polyclinique:
«Malgré vos conditions physiques, vous êtes très puissants comme l’est Jésus crucifié.» «Cherchez à utiliser cette puissance, affirme-t-il ensuite, pour le bien de l’Église, des personnes qui vous entourent, de votre famille, de votre patrie et de toute l’humanité.» «Et aussi pour le bien du ministère du pape qui est, dans d’autres sens, aussi très faible», lance-t-il enfin.
Quand tu seras vieux, un autre te mènera
Cinq jours plus tard, lors de la messe d’inauguration du pontificat, Jean Paul II prononce une homélie restée célèbre pour son retentissant: «N’ayez pas peur !». Le dimanche 22 octobre 1978, il se présente aussi comme le successeur de l’apôtre Pierre, auquel le Christ avait dit : «quand tu étais plus jeune, tu te ceignais toi-même, et tu allais où tu voulais. Mais quand tu seras vieux, tu étendras tes mains, et un autre te ceindra, et te mènera où tu ne voudras pas». Des paroles tirées de l’évangile selon saint Jean.
Jean Paul II effectue son premier voyage à l’étranger en Amérique centrale, à Saint-Domingue, au Mexique puis aux Bahamas. Au cours de ce voyage, le 29 janvier 1979, il visite l’hôpital des enfants de Mexico et s’adresse aux jeunes patients. «La maladie ne vous permet pas de jouer avec vos amis, affirme-t-il aux enfants, c’est pour cela qu’un autre ami a voulu venir vous voir, le pape, qui pense à vous et prie pour vous».
La première hospitalisation du pape polonais remonte au 13 mai 1981, jour de l’attentat place Saint-Pierre. Depuis l’hôpital Gemelli, Jean Paul II tient alors à réciter la prière de l’Angélus, radiodiffusée, et s’adresse en premier lieu aux malades. «J’invite tous les malades à s’unir avec moi, déclare-t-il le 24 mai, offrant au Christ leur souffrance pour le bien de l’Église et de l’humanité».
«Je voudrais vous serrer dans mes bras»
Lors de son dernier déplacement à l’étranger, en août 2004, la visite au sanctuaire marial de Lourdes (France) a été particulièrement forte et symbolique. Arrivant le 14 août 2004 devant la Grotte de Massabielle, le premier salut de Jean Paul II a été adressé aux malades. «Je suis avec vous, leur a-t-il déclaré, comme un pèlerin auprès de la Vierge; je fais miennes vos prières et vos espérances», ajoutant : «Je voudrais vous serrer dans mes bras, l’un après l’autre, de manière affectueuse et vous dire combien je suis proche de vous».
Nombreux sont les cardinaux et les évêques qui, au fil du temps, ont présenté la maladie du pape comme un témoignage pour le monde. Pour son message de Carême 2005, le souverain pontife a invité les chrétiens à prendre soin des personnes âgées.
Il a aussi rappelé le commandement de la Bible ’Tu ne tueras point’, qui demande que «la vie soit respectée et promue, toujours, depuis son début jusqu’à son crépuscule naturel». Un commandement, a souligné le pape, «qui vaut aussi en présence de la maladie, et lorsque l’affaiblissement de ses forces réduit l’être humain à ne plus être autonome». (apic/imedia/ami/vb)




