Un dominicain français également sous la menace des tueurs

Brésil: Un deuxième assassin de Soeur Dorothy arrêté

Altamira, 23 février 2005 (Apic) La police brésilienne a arrêté un deuxième assassin présumé de Soeur Dorothy Stang. Le tueur professionnel Uilquelano Pinto aurait abattu la religieuse américaine avec son complice Rayfran Sales il y a dix jours dans l’Etat de Para. La tête d’un dominicain français est également mise à prix.

Rayfran Sales a été arrêté le 21 février et a avoué les faits, communique la police. L’assassinat de la militante pour les droits humains et pour la protection de l’environnement aurait été commandité par un gros propriétaire terrien, Amair Feijole da Cunha, officiellement inculpé par la justice et qui s’est livré samedi à la police. Certaines sources affirment qu’il a engagé les tueurs pour le compte d’un plus grand propriétaire, Vitalmiro Bastos de Moura, encore en fuite.

Soeur Dorothy, âgée de 73 ans, a reproché à plusieurs reprises à ce dernier d’engager des travailleurs à des conditions qui relèvent de l’esclavagisme. La missionnaire des Soeurs de Notre-Dame de Namur a également dénoncé aux autorités en charge de l’environnement son exploitation illégale de la forêt brésilienne.

Un dominicain menacé de mort

Un autre religieux est la cible de tueurs au service de personnes influentes dans l’Etat de Para. Le dominicain et avocat français Henri des Roziers a appelé mardi le gouvernement brésilien à protéger les sans-terre de la région.

Le religieux affirme avoir reçu à plusieurs reprises des menaces de mort. Une liste de têtes mises à prix rendue publique par l’Eglise offre 45’000 francs pour le dominicain, soit le double de la prime pour Soeur Dorothy. Henri des Roziers a dénoncé l’impunité dont bénéficient les tueurs à gage. Tous ceux qui ont été emprisonnés après avoir tué des travailleurs de la terre ont pu s’évader. «Et certains en passant par la porte principale de la prison», dénonce l’homme d’Eglise. Par ailleurs, à peine 7% des assassinats commis par des tueurs à gage débouchent sur un procès, révèle une récente étude. (apic/kna/wm/bb)

23 février 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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