Rétrospective sur la santé du pape

Rome: Un mois de février agité pour un pape affaibli

Rome, 24 février 2005 (Apic) Le pape Jean Paul II a de nouveau été hospitalisé, dans la matinée du 24 février 2005, officiellement pour une «rechute» de son état grippal. Si le pape avait commencé l’année 2005 avec les audiences traditionnelles des voeux ou en recevant quelques personnalités, il semble que son état de santé n’ait pas cessé de se détériorer depuis.

Prémices de cette dégradation, le pape était apparu enroué lors de la prière de l’Angélus du 30 janvier dernier, ne manquant pas malgré tout de lire la totalité de son message. Entouré de deux jeunes enfants de l’Action catholique italienne, Jean Paul II avait procédé avec eux à un lâcher de colombes. Ce geste se transforma en un surprenant éclat de rire de la part du pape et de la foule, les colombes ne voulant pas s’envoler. Des images qui firent par la suite le tour du monde.

Dès le lendemain, le 31 janvier, le Vatican annonçait la suspension de toutes les audiences de la journée en raison d’un état grippal. «Toutefois, avait précisé la porte-parole du Saint-Siège Joaquin Navarro- Valls, l’annuaire pontifical 2005 a été remis au pape», soulignant ainsi que si ce dernier maintenait son activité, même ralentie.

Ce n’était pas la première fois que le pape devait ainsi diminuer sa charge de travail. Le 24 septembre 2003 déjà, le pape n’avait pas présidé la traditionnelle audience hebdomadaire, à cause d’une «indisposition intestinale».

Le 1er février 2005, rien ne semblait s’arranger puisque le Vatican annonçait que tous les rendez-vous du pape pour le jour même et pour le lendemain étaient suspendus. Le pape, selon les déclarations officielles, souffrait de la grippe. Des complications respiratoires s’y ajoutèrent, si bien que Jean Paul II dû être transféré d’urgence à la polyclinique Gemelli de Rome, dans la soirée du 1er février.

Peu de temps après minuit le 2 février, le Vatican affirmait que Jean Paul II souffrait d’une trachéo-laryngite aiguë accompagnée de spasmes et qu’il avait été soumis à des thérapies d’assistance respiratoire. Au matin, se voulant rassurant, le porte-parole du Saint-Siège avait affirmé que le pape s’était reposé quelques heures durant la nuit et qu’il avait pu même concélébrer depuis son lit une messe présidée par Mgr Dziwisz.

Le chaud et le froid

Le 3 février, les conditions de santé générales et respiratoires du pape semblaient s’améliorer. Joaquin Navarro-Valls avait précisé que la laryngo-trachéite aiguë était «en phase de régression» et que les épisodes de spasmes laryngés «ne se répétaient plus».

A son troisième jour d’hospitalisation, le 4 février, le Vatican s’était encore voulu rassurant quant à l’amélioration de l’état de santé de Jean Paul II. Et même si les caméras restaient braquées sur les fenêtres aux persiennes entrouvertes de la suite papale du 10e étage, les journalistes semblaient désormais moins agités. La curie, de son côté, poursuivait normalement ses activités, les collaborateurs du pape suppléant à son absence au Vatican. Le porte-parole du Saint-Siège avait aussi annoncé que, sauf en cas d’aggravation des conditions de santé du pape, le prochain bulletin de santé serait délivré lundi 7 février à midi.

Le pape ne voulant pas renoncer à la prière de l’Angélus, on avait annoncé au Vatican, le 5 février, qu’il ne lirait pas son texte mais accorderait sa bénédiction apostolique. En effet, le dimanche 6 février, le pape apparut à la fenêtre de sa chambre du Gemelli, annonçant par la voix de Mgr Leonardo Sandri, substitut de la Secrétairerie d’Etat, que «même à l’hôpital, au milieu des autres malades» il continuait «à servir l’Eglise et l’humanité tout entière». Le pape salua alors longuement la foule, avant de donner sa bénédiction. Certains médias s’interrogèrent toutefois sur l’authenticité de sa voix. Quelques heures plus tard, le directeur de la salle de presse nia l’utilisation d’un enregistrement qui aurait couvert la voix du pape.

La santé du pape ne cessant de s’améliorer, on annonça le 7 février que Jean Paul II n’avait plus de fièvre, mais qu’il resterait encore quelques jours à la polyclinique «pour des motifs de prudence évidents». Le porte-parole du Saint-Siège confia que Jean Paul II avait reçu de nombreux messages, très touchants, dont certains provenant de patients de l’hôpital Gemelli. Ainsi, celui d’une femme dont l’enfant, soigné dans une chambre située à quelques mètres de celle du pape, souffrait d’une tumeur cancéreuse à l’abdomen.

Lente et hésitante reprise

Le même jour, le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le cardinal Angelo Sodano, affirmait que le pape pouvait gouverner sans pouvoir parler et qu’une éventuelle démission devait être laissée à sa conscience.

Le 9 février, pour la première fois depuis le début de son pontificat, le pape n’a pas pu présider la liturgie d’entrée en Carême du mercredi des Cendres, dans la basilique Saint-Pierre. Il la célébra néanmoins de sa chambre d’hôpital, entouré de ses deux secrétaires polonais Mgr Stanislas Dziwisz et Mgr Mieczyslaw Mokrzycki, ainsi que d’une religieuse polonaise, soeur Tobiana, en permanence à ses côtés depuis le début de son hospitalisation.

Enfin, le 10 février, après neuf jours à la polyclinique Gemelli, le porte-parole du Saint-Siège annonça le retour du pape au Vatican dans la soirée. C’est un peu après 19h30 que le pape y arriva en papamobile, confirmant aux yeux de tous, l’amélioration de sa santé.

Pourtant, Jean-Paul II n’a pas pu, par la suite, reprendre immédiatement ses activités. Le 11 février, il lui fut impossible de descendre dans la basilique vaticane pour bénir et saluer les fidèles présents pour la Journée des malades

Le 13 février, Jean Paul II est apparu à la fenêtre de ses appartements Place Saint-Pierre pour la prière de l’Angélus, pour la première fois depuis son hospitalisation. «J’ai toujours besoin de votre aide devant le Seigneur pour accomplir la mission que Jésus m’a confié», avait alors déclaré le pape, réaffirmant ainsi sa volonté de rester à la tête de l’Eglise, malgré la maladie. Ce fut une fois encore le prélat argentin Leonardo Sandri, substitut de la Secrétairerie d’Etat, qui devait lire les paroles du pape et réciter la prière de l’Angélus. Le pape se contentant de souhaiter à tous, avec une voix assez compréhensible, «un bon dimanche».

Le 22 février, le Premier ministre croate, Ivo Sanader, en visite de courtoisie à Rome, fut lui aussi reçu en audience. Même si, pour une fois, aucune précision ne fut donnée sur le contenu de la rencontre, il semblait que le pape tenait à reprendre son activité. Il alla même jusqu’à tenir l’audience générale du mercredi 23 février par vidéo-conférence, pour la première fois de son pontificat.

Jeudi enfin, le consistoire ordinaire public s’est déroulé sans le pape. Une absence qui a suscité de vives inquiétudes. (apic/imedia/ms/pr)

24 février 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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