Les médecins français ont traité 500 femmes violées

Soudan: Médecins sans frontières témoigne de viols au Darfour

Khartoum, 8 mars 2005 (Apic) Médecins Sans Frontières (MSF) a déclaré que ses praticiens avaient traité presque 500 femmes et jeunes filles violées dans le Sud et l’Ouest du Darfour, au Soudan, entre octobre 2004 et mi- février 2005.

Lors d’une conférence de presse à Khartoum, le 7 mars, un responsable des Nations Unies, Jan Egeland, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d’urgence de l’ONU, a alerté la communauté internationale. «Les officiels du gouvernement disent que le Soudan n’était pas au courant de ces crimes contre les femmes auparavant. Ils concèdent que récemment c’est devenu un phénomène rampant dans la société».

La plupart des victimes ont été violentées par des milices ou des militaires qui utilisent leur arme pour les forcer au viol, selon MSF, s’exprimant le 7 mars à ce sujet. Le représentant des Nations Unies Jan Egeland a renchéri, accusant les milices, aussi bien que «les soldats gouvernementaux, ainsi que de nombreux groupes de milices ethniques, d’être impliqués dans ces violences».

Un tiers des survivantes aux viols, qui ont cherché des soins médicaux auprès de MSF, ont déclaré qu’elles avaient été violées plusieurs fois soit par des individus ou des groupes d’assaillants. Dans plus de la moitié des cas, les viols étaient accompagnés d’autres moyens de torture physique.

Enceintes et violées en allant chercher de l’eau ou du bois

Les femmes violentées qui ont recouru à l’aide de MSF ont raconté qu’elles avaient été battues par des bâtons et différents engins avant ou pendant ou après l’acte de viol. Certaines étaient visiblement enceintes et ont été violées alors qu’elles allaient chercher du bois pour le feu ou de l’eau, en dehors de l’aire de sécurité entourant leur village ou le camp de réfugiés.

MSF ajoute que beaucoup d’autres viols n’ont pas été dénoncés à cause du tabou entourant ce crime.

Le représentant des Nations Unies a déclaré que le gouvernement soudanais avait montré la volonté de travailler avec l’Union Africaine et l’ONU pour faire en sorte que les coupables soient punis et aussi pour prévenir d’autres viols, en protégeant les femmes.

Le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan a pressé le Conseil de Sécurité, lundi 7 mars, de prendre des mesures urgentes au Darfour. Le Conseil de sécurité, selon Kofi Annan, a été divisé jusqu’ici à propos du lieu ou les procès pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité devraient vraisemblablement avoir lieu, doit trouver un accord encore cette semaine. (apic/bbcnews/vb)

8 mars 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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