Rome: La condition des femmes défavorisées est «un scandale»

Pour la présidente de l’Académie pontificale des sciences sociales

Rome, 8 mars 2005 (Apic) S’exprimant à New York, le 7 mars 2005 lors de la réunion de la Commission de l’Onu pour le statut de la femme, Mary Ann Glendon, présidente de l’Académie pontificale des sciences sociales, a dénoncé l’analphabétisme féminin et la pauvreté des femmes et des enfants dans le monde.

Pour la présidente de l’Académie pontificale des sciences sociales, dans les pays pauvres du monde, «les trois-quarts de la population sont composés de femmes et d’enfants». Prenant la parole à New York, le 7 mars 2005 lors de la réunion de la Commission de l’Onu pour le statut de la femme, elle a également déploré la condition de la femme dans le monde développé, où «des centaines de millions de femmes et d’enfants manquent de nourriture suffisante et des premiers soins». Dans les sociétés abondantes, a-t-elle poursuivi, les visages de la pauvreté sont ceux des femmes et des enfants». Elle a déclaré que «les coûts de la rapide augmentation des divorces et de la mono-parentalité sont lourdement tombés sur les femmes, et plus lourdement encore sur celles qui ont fait des sacrifices personnels pour soigner leurs enfants et d’autres membres de la famille».

La condition des femmes défavorisées dans le monde est un scandale

Pour Mary Ann Glendon, «l’état des femmes défavorisées dans le monde est un scandale et même une tragédie», parce que «l’humanité a finalement les moyens de combattre la faim et la pauvreté». Ce dont nous avons besoin, comme Jean Paul II l’a récemment rappelé, c’est d’une vaste mobilisation morale de l’opinion publique, a-t-elle souligné, insistant sur l’éducation des femmes et des jeunes filles.

Par ailleurs, selon la présidente de l’Académie pontificale, la baisse démographique, le vieillissement de la population, l’augmentation des coûts de santé, soulèvent de «sérieuses questions». «Parmi les personnes âgées dépendantes et pauvres, les femmes courent un risque particulier», a-t-elle souligné.

Le Saint-Siège, a-t-elle dit, s’est encore une fois inquiété quant au «vide» des promesses faites dans certains documents traitant des femmes et de la pauvreté. Pour Mary Ann Glendon, «les conclusions récentes des ’Objectifs du Millénaire de l’Onu ainsi que les observations d’environ 300 000 organisations catholiques et services de santé actifs auprès des marginalisés confirment les craintes de 1995 (Déclaration finale de la conférence de Pékin). «Il y a dix ans, la conférence de Pékin proclamait que ’la clef pour les femmes et leurs familles, contre la pauvreté, était l’éducation’», a-t-elle poursuivi. «Le Saint-Siège note avec inquiétude que les améliorations sur ce point ont régressé», a regretté Mary Ann Glendon. Sur 100 millions d’enfants en âge d’aller à l’école primaire, la majorité sont des filles et ne sont pas inscrites à l’école».

Concilier travail et famille reste un problème

Enfin, pour la présidente de l’Académie pontificale des sciences sociales, harmoniser les aspirations des femmes qui souhaitent participer à la vie sociale et économique, tout en conservant leur rôle dans leur vie de famille, reste un problème. Elle a invité les politiques à être plus proches des femmes, plutôt que de faire confiance à des groupes «qui prétendent les représenter». «En somme, le problème ne sera pas résolu tant que les valeurs humaines ne prendront pas la priorité sur les valeurs économiques», a-t-elle affirmé.

Quatre conférences des Nations unies pour les femmes (Mexico-1975, Copenhague-1980, Nairobi-1985 et Pékin-1995) ont déjà eu lieu. La dernière conférence s’est tenue du 4 au 15 septembre 1995, sur les thèmes de la lutte pour l’égalité, le développement et la paix. Le programme d’action avait pour objectif de renforcer le pouvoir des femmes aux niveaux social, économique et politique, améliorant leur santé, facilitant leur accès à l’éducation et protégeant leurs droits de reproduction. Des objectifs à atteindre à des dates spécifiques, engageaient pourtant les nations à appliquer des mesures concrètes. L’Américaine Mary Ann Glendon, 66 ans, professeur de droit à l’Université de Harvard, a été nommée présidente de l’Académie pontificale des sciences sociales en mars 2004 par Jean Paul II. C’est la première fois qu’une femme est placée à la tête d’une Académie pontificale. Elle participait à la délégation du Vatican à la Conférence de Pékin sur la femme en 1995. (apic/imedia/ms/vb)

8 mars 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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