Impasse et intensification de la lutte
Bolivie: Nouveau bras de fer entre le gouvernement de Mesa et les syndicats
La Paz, 11 mars 2005 (Apic) Le premier face à face entre le gouvernement et les syndicats boliviens après que le refus de la démission du président de la République Carlos Mesa par le parlement, s’est conclu par un échec.
La négociation n’a duré que 4 heures, entre Mesa et son principal opposant, le leader du Mouvement au socialisme (MAS) mais aussi de la contestation paysanne, Evo Morales. Les barrages ont du reste repris de plus bel, pour encore s’intensifier. La crise ¨semble prendre un nouvel élan.
Le dialogue sur le futur des hydrocarbures boliviens, dont La Paz est la seconde plus riche en Amérique latine, après le Venezuela, a été interrompu à un moment crucial, lorsque les parties en présence ont affronté la question des royalties et des impôts que les compagnies pétrolières doivent ou devraient payer à l’Etat bolivien en échange de l’extraction et de la vente du gaz.
Au coeur de l’affrontement, la formulation du 5ème référendum sur les hydrocarbures de juillet 2004, sur le point qui affirmait que «les impôts et/ou les royalties aux entreprises pétrolières peuvent arriver jusqu’à 50%». L’opposition guidée par Morales n’a pas confiance et veut au contraire que ce soient les royalties qui soient augmentées à 50% et que d’éventuels prélèvements fiscaux soient ajoutés.
En faisant ainsi, des fonds arriveraient finalement dans les caisses de l’État, permettant de résoudre une série de problèmes structurels de la société bolivienne (école, santé, routes, eau potable).
Nouveaux barrages
En revanche selon Mesa, des taxes si élevées feraient fuir les investisseurs de la Bolivie. «C’est un cas perdu d’avance» a commenté Morales en abandonnant le palais présidentiel vers 20h (heure locale) jeudi soir.
Au même moment le Congrès, qui se réunissait pour affronter la question de la nouvelle loi sur les hydrocarbures, a décidé de suspendre la séance et de la renvoyer à mardi prochain. Face à ce piètre résultat, de nouveaux barrages routiers et des protestations, jusqu’à présent pacifiques, hormis quelques blessés et une dizaine d’arrestations, sont attendus dans les prochaines heures. (apic/misna/pr)




